La passion du Christ
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Réalisateur : Mel
Gibson
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Genre : Historique, Biographie, Drame Date : 31 mars 2004 Durée : 2 h 7 Origine : Américain Distribution : Quinta Communications, Newmarket Film Group Titre Original : The passion of the Christ |
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Acteurs : Jim Caviezel : Jésus Christ Monica Bellucci : Marie madeleine Maria Morgenstern : Marie Luca Lionello : Judas Iscariotes Hristo Naumov Shopov Claudia Gerini : Claudia Procles Sergio Rubini : Dismas Toni Bertorelli : Annas Roberto Bestazzoni : Malchus Francesco Cabras : Gesmas |
Directeur Photo
: Caleb Deschannel
Chef Décrorateur : Francesco Frigeri Carlo Gervasi Chef Monteur : John Wright Cascadeurs : Stefano Maria Mioni Animation et effets visuels : Keith VanderLaan Musique : John Debney Effets Spéciaux : Franco Ragusa |
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Scénario : Benedict Fitzgerald |
Producteur : Bruce Davey Stephen McEveety |
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Production : Icon Productions |
Producteur executif : Enzo Sisti |
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Lieux de tournage :
Basilicata, Italie. Budget : |
Site officiel : http://www.lapassionduchrist-lefilm.com/skip.html Récompenses : Oscar : 2005 : Nomination meilleure Photographie : Caleb Deschanel 2005 : Nomination meilleure musique : John Debney 2005 : Nomination meilleurs maquillages : Keith VanderLaan, Christien Tinsley |
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La Passion du Christ fait le récit des
12 dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth. Le film
commence au mont des Oliviers (Gethsémani), où Jésus
est allé prier après avoir partagé un dernier repas
avec ses apôtres; il résiste maintenant aux tentations de Satan.
Trahi par Judas, Jésus est arrêté et emmené à
Jérusalem, où les chefs des pharisiens laccusent de
blasphème et lui font un procès qui a pour issue sa condamnation
à mort. Jésus est amené devant Ponce Pilate, le gouverneur romain de la Palestine, qui écoute les accusations portées contre lui par les pharisiens. Conscient que cette affaire pourrait dégénérer en conflit politique, il décide de faire comparaître Jésus devant le roi Hérode. Or, Hérode renvoie à son tour Jésus à Pilate, qui fait alors appel à la foule, lui demandant de choisir quel prisonnier devait être libéré entre Jésus ou Barabbas, criminel qui purge déjà une peine. La foule choisit Barabbas et fait condamner Jésus. Jésus est remis aux mains des soldats romains qui, après lavoir roué de coups, lamènent à Ponce Pilate. Celui-ci présente alors un Jésus méconnaissable à la foule, croyant la calmer... mais la foule est encore insatisfaite. Ponce Pilate se lave alors les mains de cette affaire, ordonnant à ses hommes de laisser le peuple décider du sort de Jésus. On présente à Jésus une grande croix, quon lui demande de porter dans les rues de Jérusalem, jusquau mont Golgotha. Jésus y est crucifié. Cest là quil fait face à sa dernière tentation : la peur davoir été abandonné par Dieu le Père. Il vainc sa peur, regarde Marie, sa sainte mère, et prononce alors des mots que lui seul peut comprendre : « tout est accompli ». Il meurt après avoir dit : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Au moment de sa mort, la nature se déchaîne. |
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À PROPOS DE LA PRODUCTION Cest à Rome, là où la pierre, le marbre et la peinture sont imprégnés de siècles dhistoire, où Mel Gibson, lauréat dun Oscar®, a récemment recréé un monde encore plus ancien pour son plus récent film, La Passion du Christ : celui de Jérusalem, au cours de la dernière journée de la vie de Jésus-Christ. Épaulé par des acteurs accomplis et une équipe de travailleurs infatigables, Gibson a revisité cette histoire éternelle en choisissant le réalisme et lémotion brute sans compromis que permet le cinéma contemporain. La Passion (du latin passio [« souffrance »], qui signifie aussi un amour profond et transcendant), fait allusion à lagonie et, ultimement, à la rédemption, des 12 dernières heures de la vie de Jésus-Christ. On peut lire le compte rendu de ces heures dans 4 récits distincts qui figurent dans le Nouveau Testament de la Bible, et qui font lobjet, depuis 2000 ans, de multiples réflexions et analyses. La puissante imagerie entourant la Passion fascine depuis toujours les artistes, ayant influencé les Grands Maîtres de la peinture occidentale et inspiré de nombreux cinéastes. Même à lépoque du cinéma muet de Thomas Edison, la Passion a intéressé les réalisateurs les plus ambitieux. En 1927, Cecil B. DeMille a réalisé le premier film épique (muet) sur la vie et la mort de Jésus, intitulé The King of Kings. Puis, en 1953, la 20th Century Fox utilisait pour la première fois la technique du cinémascope avec le film The Robe (La Tunique), qui mettait en vedette Richard Burton dans le rôle dun tribun romain qui cherche la rédemption après la crucifixion. Dans les années 1960, les drames épiques bibliques constituaient un genre en soi, qui a atteint son apogée avec la fresque monumentale de George Stevens, The Greatest Story Ever Told (La plus grande histoire jamais contée), aux décors somptueux et à la distribution exceptionnelle. À la même époque, le grand cinéaste Pier
Paolo Pasolini abordait le même sujet, mais de manière
innovatrice, dans Il Vangelo Secondo Matteo (LÉvangile
selon Saint Matthieu), qui mettait en scène des acteurs amateurs.
Ce film, tourné dans le style naturaliste et avec des dialogues
tirés directement de la Bible, est luvre de Pasolini
qui a connu le plus grand succès. Toutefois, aucun cinéaste navait encore choisi de raconter
cette histoire de sacrifice passionnel de façon hyperréaliste,
en accordant une attention toute particulière aux détails.
Pour Mel Gibson, il sagissait de la réalisation dun
rêve, dans lequel il a infusé sa propre passion et celles
de nombreux collaborateurs, dont ses partenaires dIcon Productions,
Bruce « Avec ce film, jai voulu créer une oeuvre dart
appelée à durer, et stimuler une réflexion profonde
chez les gens qui verront ce film, quelle que soit leur origine »,
affirme Gibson. Lidée de ce projet a commencé à germer dans la tête de Mel Gibson il y a plus de 12 ans, quand il vivait une crise sur le plan spirituel qui la amené à remettre en question sa propre foi et, en particulier, à méditer sur la nature de la souffrance, de la douleur, du pardon et de la rédemption. Gibson, dont le dernier travail derrière la caméra lui a valu un Oscar®, pour son film Braveheart, dont lhistoire se déroulait dans lÉcosse du 13e siècle, a alors compris quil tenait là loccasion de mettre son art au service de ses convictions personnelles. Il a pensé utiliser toute la puissance de la technologie du cinéma moderne réaliste et plus particulièrement les tendances actuelles en matière de direction photo, de direction artistique et de performances au profit du récit de la Passion. Mel Gibson a coécrit un scénario avec Benedict Fitzgerald (Wise Blood [Le Malin]) à partir, principalement, des récits des Évangiles selon Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc et Saint Jean, scénario qui se veut un compte rendu fidèle de ces textes. Gibson était bien conscient quil sapprêtait à explorer linconnu à la frontière où lart, le récit et la foi se rencontrent. «Quand on sattaque à une histoire aussi connue, et qui fait lobjet dun si grand nombre didées préconçues, la seule option quon a, est de respecter le plus fidèlement possible les faits et sa propre façon de les exprimer sur le plan artistique. Cest ce que jai essayé de faire», raconte le réalisateur. En ce qui concerne sa décision de privilégier un certain réalisme sur le plan visuel, Gibson affirme : « Jai vraiment voulu exprimer lampleur de ce sacrifice, dans toute son horreur. Mais je souhaitais également faire un film ponctué de moments de grand lyrisme, de beauté, et damour inconditionnel, parce quen fait, cest ce dont il sagit : une histoire de foi, despoir et damour. À mon avis, cest la plus belle histoire que lon puisse jamais raconter ». The Passion of The Christ (La Passion du Christ) est réalisé par Mel Gibson et produit par Bruce Davey, Mel Gibson et Steve McEveety. Enzo Sisti en est le producteur exécutif. Parmi les créateurs talentueux qui ont collaboré à ce film, notons : le directeur de la photographie Caleb Deschanel, nominé au Oscars® à quatre reprises; à la direction artistique, lItalien Francesco Frigeri, lauréat de nombreux prix; à la conception des costumes, Maurizio Millenotti, qui a déjà été nominé deux fois aux Oscars®; à la création des effets spéciaux de maquillage, Keith VanderLaan et Greg Cannom (lauréat de deux Oscars®); et au montage, John Wright, qui a reçu deux nominations aux Oscars® . LARAMÉEN UNE LANGUE MORTE REVIT Lune des premières décisions de Mel Gibson à titre de réalisateur de La Passion du Christ a été de faire parler le Jésus de son film dans la même langue que celle que parlait le véritable Jésus, il y a 2000 ans. Cette langue, cest laraméen, un parler sémitique très proche de lhébreu, que certains linguistes considèrent aujourdhui comme une langue morte, mais qui est toujours en usage dans certaines régions reculées du Moyen-Orient. Laraméen était la « langue de relation » de cette époque, la langue de léducation et du commerce parlée partout dans le monde.. Au 8e siècle avant J.-C., on parlait couramment laraméen de lÉgypte à lAsie majeure, jusquau Pakistan, et cétait la principale langue des grands empires dAssyrie, de Babylone et, plus tard, de lempire chaldéen ainsi que du gouvernement impérial de la Mésopotamie. Laraméen sest également répandu en Palestine, supplantant lhébreu comme langue la plus couramment parlée entre 721 et 500 avant J.-C. Notons quune grande partie de la loi judaïque a été créée, débattue et transmise en araméen, et cest aussi la langue à la base du Talmud. Jésus aurait parlé et écrit ce quon désigne aujourdhui comme laraméen occidental, le dialecte des Juifs de cette époque. Après la mort du Christ, les premiers chrétiens ont rédigé certaines Écritures en araméen, relatant la vie de Jésus et propageant sa parole dans cette langue, dans de nombreux pays. Langue historiquement employée pour exprimer des idées
religieuses, laraméen constitue un lien entre le judaïsme
et la chrétienté. Le Professeur Franz Rosenthal a écrit,
dans son ouvrage Journal of Near Eastern Studies (traduction libre)
: Or, faire revivre laraméen sur grand écran allait savérer un défi de taille. Après tout, comment sy prend-on pour créer un film du 21e siècle avec des dialogues écrits dans une langue morte qui était en usage au 1er siècle? Mel Gibson a fait appel au Père William Fulco, directeur de la chaire des Études méditerranéennes à la Loyal Marymount University et lun des plus éminents experts au monde de cette langue et des cultures sémitiques classiques. Fulco a traduit les dialogues du scénario de La Passion du Christ en araméen du premier siècle pour les personnages juifs, et en « latin de la rue » pour les personnages romains, puisant dans ses vastes connaissances sur les plans linguistique et culturel. Après avoir traduit le scénario, le Père Fulco a agi à titre de formateur et conseiller en langues sur le plateau, demeurant en tout temps à la disposition de léquipe de production, fournissant parfois des traductions et des conseils de dernière minute. Pour donner un son encore plus authentique aux dialogues, Gibson a consulté des personnes dont la langue maternelle est laraméen, pour en saisir la sonorité. Le réalisateur se rappelle avec émotion de la première fois quil a entendu des mots prononcés dans cette langue qui est en train de disparaître. Tous les acteurs du film ont dailleurs eu à apprendre des notions daraméen (la plupart à laide de la phonétique), faisant de la distribution de ce film peut-être le plus important contingent dacteurs à apprendre une langue morte en groupe. Pour Mel Gibson, le fait de tourner en « langue étrangère » présentait un autre avantage : lapprentissage de laraméen a créé un lien entre tous les acteurs, qui étaient dorigines et de cultures diverses, chacun parlant sa langue. «Rassembler des comédiens du monde entier au même endroit et leur faire apprendre la même langue leur a donné un sentiment dappartenance, limpression de partager quelque chose qui transcende les paroles », explique-t-il. Ce travail a également obligé les acteurs à puiser encore plus profondément dans leurs ressources physiques et émotionnelles, au-delà des mots. « En sexprimant en araméen, les acteurs devaient avoir recours à dautres moyens pour incarner leur personnage ils navaient plus les références que leur procure leur langue maternelle, ce qui a amené leur performance à un autre niveau. En quelque sorte, notre projet sapparentait à la bonne vieille manière de faire du cinéma, puisque nous avions à cur de raconter une histoire en nous aidant dune imagerie et dune expression aussi pures que possible », poursuit Gibson. UN TRAVAIL FAIT AVEC AMOUR : LES ACTEURS ET LEURS RÔLES Dès le départ, Mel Gibson savait que la création de La Passion du Christ reposait sur le choix de lacteur qui allait incarner Jésus-Christ, un comédien qui devait être en mesure de se perdre complètement dans le rôle, et dont lidentité ne devait pas nuire au réalisme recherché par le réalisateur. Au fil de ses recherches, Gibson est tombé sur James Caviezel, qui avait récemment tenu le rôle-titre dans Le Comte de Monte Cristo (The Count of Monte Cristo). Gibson avait été fasciné par une photo de Caviezel, particulièrement par son regard perçant et limpide, qui avait donné au réalisateur limpression que lacteur serait en mesure de rendre des sentiments tels que lamour et la compassion sans avoir à prononcer une seule parole. Quand Mel Gibson a téléphoné à James Caviezel, ce dernier a été tellement surpris que sa première réaction a été de lancer : « Mel qui? », ce à quoi Mel Gibson a répondu, du tac au tac: « Mel Brooks ». Mais la conversation a rapidement pris un tour sérieux, quand Gibson a parlé à lacteur du rôle quil avait en tête pour lui un rôle qui, a alors avoué le réalisateur, était si ardu et si truffé de pièges que lui-même le refuserait. Jim Caviezel était intimidé, mais stimulé par le défi que représentait cette offre. Il sest aussi dit que le fait quil venait de fêter son 33e anniversaire, lâge quavait le Christ à sa mort, était une coïncidence formidable. Fervent catholique, Caviezel a également trouvé linspiration dans ses propres croyances et dévotions, ayant recours à la prière pour explorer davantage le personnage, les paroles et les tribulations de Jésus. Or, rien naurait pu le préparer à lépreuve
qui lattendait sur le plateau de La Passion du Christ. Comme lexplique
Caviezel : « Chaque jour du tournage, on me crachait dessus, on
me battait, on me flagellait et on mobligeait à porter
une lourde croix sur mon dos, dans un froid mordant. Ça a été
une expérience extrêmement dure, presque indescriptible. Dès le départ, Mel Gibson a indiqué à son acteur principal quil avait lintention de montrer les souffrances de Jésus de la façon la plus authentique qui soit, sans jamais reculer devant le chaos et la violence qui ont entouré le Christ, selon les Écritures. Même pour Caviezel, la torture infligée à Jésus tout au long du film était parfois terrifiante mais, affirme-til, «personne na jamais montré Jésus de cette façon, et je crois que Mel a montré les choses comme elles se sont réellement passées. Il na pas choisi dinsérer des scènes de violence pour le simple plaisir de le faire; jamais je nai eu limpression que cétait gratuit. Oui, je crois que le réalisme de ce film en choquera probablement certains, mais cest pourquoi cette oeuvre est dune puissance si incroyable ». Au cours de ce tournage exigeant, Caviezel a dû faire face à ses propres faiblesses dune manière saisissante. Dans lune des scènes les plus explicites du film, le Christ est fouetté à maintes reprises, puis flagellé de nouveau à laide dun terrible instrument de torture romain appelé flagrum, ou « fouet à neuf lanières », un fouet dont le bout de chaque lanière est encastré dans du fil barbelé, de façon à arracher des lambeaux de peau du supplicié pendant la torture, entraînant la perte dimportantes quantités de sang. Pour quon puisse rendre avec véracité les nombreuses blessures du Christ, Caviezel devait plier tout son corps à de longues et éprouvantes séances de maquillage qui duraient des heures supplice qui ne faisait que commencer pour lui, puisque le maquillage a fini par irriter la peau de lacteur, lui causant des ampoules qui lempêchaient même de dormir. Le tournage des scènes de crucifixion sest déroulé sur plus de 2 semaines, pendant lesquelles Caviezel devait porter ou, plus souvent quautrement, traîner, avec beaucoup de difficulté, une croix de 70 Kg (soit la moitié du poids dune véritable croix de crucifixion) jusquau mont Golgotha pour y être cloué. Pour sentraîner pour ce rôle exigeant, Caviezel se tenait contre un mur et y demeurait accroupi pendant des périodes de 10 minutes, et faisait des exercices de musculation pour renforcir ses muscles du dos. De surcroît, Caviezel a passé plusieurs heures à tourner au beau milieu de lhiver italien, vêtu dune simple culotte de drap, combattant lhypothermie et ayant parfois si froid quil était incapable de parler. Léquipe de tournage a dû dailleurs, à quelques reprises, appliquer des compresses chaudes sur le visage de lacteur, juste assez pour réchauffer ses lèvres et lui permettre de dire ses répliques. Le tournage a été une succession dextrêmes
pour Jim Caviezel, atteignant un point culminant quand, moment le plus
dramatique du tournage, Caviezel et lassistant-réalisateur
Jan Michelini, ont été frappé par la foudre alors
quon tournait une scène pendant un orage. Léclair
a frappé le parapluie de Michelini, atteignant ce dernier et
James Caviezel
sans Caviezel devait subir un grand stress physique et mental tout au long de la production il a souffert dune infection pulmonaire et dune très douloureuse dislocation de lépaule ainsi que de nombreuses coupures et ecchymoses. « Si je navais pas subi toutes ces épreuves, les souffrances que je devais exprimer à lécran nauraient jamais été authentiques. Je devais les vivre », affirme-t-il. Lacteur a dû relever de nombreux défis sur le plan psychologique et spirituel, auxquels il ne sattendait pas. « Cétait bizarre, admet-il. Je me disais que je nétais quun simple comédien qui joue son rôle, mais plus le temps passait et plus je me disais quil ne pouvait sagir dun simple rôle. Je naurais jamais cru que jallais devoir autant prier au cours du tournage pour ne pas perdre le sens des proportions », dit-il. Tout compte fait, James Caviezel est davis quil a tiré de nombreuses leçons de vie de ce tournage. « Ce rôle a changé ma vie, en ce sens que maintenant, je nai plus peur de faire ce quil faut Jai maintenant davantage peur de ne pas faire ce quil faut », explique-t-il. Pour jouer le rôle de Marie, la mère de Jésus, Gibson est allé loin, choisissant la réputée comédienne roumaine dorigine juive Maia Morgenstern. Gibson lavait vue dans un film européen des années 1990 et avait été frappé par la tendresse de son visage, pensant immédiatement à elle pour le rôle. Sans en savoir plus sur elle, il a alors entrepris des démarches pour la rencontrer, découvrant en cours de route quelle est considérée comme lune des plus grandes actrices de sa génération dans son pays. Maia Morgenstern affirme que la décision daccepter ce rôle « ne constituait pas tant un choix que le moment de reconnaître cette occasion qui se présentait à moi, qui allait me permettre de vivre quelque chose dunique ». Pour mieux comprendre la Vierge Marie, Morgenstern a analysé de multiples peintures, sculptures et livres à la recherche dillustrations. « Jai été très inspirée par lart dans ma préparation pour ce rôle, précise-t-elle. Voir Marie dépeinte de manière si différente ma permis de mouvrir à diverses émotions, de me laisser imprégner par elles. » Elle a en outre découvert un sens aux scènes qui révèlent toute laffection et la joie que la Vierge partageait avec Jésus avant ces terribles événements. Tandis quelle méditait sur la nature de Marie, lactrice a commencé à voir le personnage sous un angle plus large. « Saisir le personnage de Marie consistait pour moi à comprendre une façon de vivre, à voir comment quelquun peut arriver à transcender la douleur et la souffrance, pour les transformer en amour, explique-t-elle. Je pense que voir son enfant souffrir, puis le perdre, comme Marie la vécu, est la chose la plus douloureuse quon puisse vivre, mais tout ce quelle peut faire, cest de continuer à aimer et à faire confiance, puisant dans son cur toute la compassion quelle peut offrir. Cest ce que je voulais transmettre à lécran. » Fait intéressant, lactrice était elle-même enceinte pendant le tournage, ce qui la inspirée encore plus dans son exploration des richesses de lamour maternel. » Maia Morgenstern est davis que le film arrive à point nommé pour le public daujourdhui, quelles que soient ses croyances religieuses. « À mon avis, la beauté de ce film réside dans la façon, puissante, dont il parle de lhumanité, et du manque dhumanité qui a entraîné, et entraîne toujours, la mort de millions de personnes depuis 2 000 ans. Ces choses valent la peine quon y réfléchisse », ajoute-t-elle. Se mettant à son tour dans la peau de lune des femmes les plus aimée de tous les temps, Monica Bellucci (Asterix & Obélix : Mission Cléopâtre, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions) incarne Marie-Madeleine. Quand la vedette de renommée internationale a entendu parler du projet de Mel Gibson, elle était tellement intriguée, quelle sest mise à harceler le réalisateur pour le rencontrer à ce sujet. « Je croyais quil sagissait dun projet tellement fort et courageux; je savais que ce ne serait pas un film facile, mais quil sagirait dune oeuvre qui toucherait profondément le public, quon ne serait pas près doublier. Cest ce qui a nourri mon intérêt pour ce projet », raconte-t-elle. Après avoir rencontré Monica Bellucci, Mel Gibson lui a donc confié le rôle de Marie-Madeleine. « Je voulais jouer ce rôle, parce quà mes yeux, cette femme est tellement humaine. Quand Jésus la sauve, cest comme sil lui faisait prendre conscience de sa propre valeur comme être humain, et pour la première fois, elle voit un homme qui pose un regard différent sur elle. À mes yeux, il sagit dune femme qui apprend à se connaître et qui devient une personne encore meilleure que ce quelle aurait cru être », dit-elle. Apprendre laraméen sest avéré une
tâche facile pour Monica Bellucci. « Peut-être est-ce
parce que je suis italienne, mais javais limpression de
très bien connaître cette très belle langue, explique-t-elle.
Toutefois, même si nous avons passé de nombreuses heures
à apprendre laraméen, quand je pense au film, je
pense à un film muet, tellement nous avons été
plus loin que les mots dans nos performances ». Elle a également découvert quelle appréciait véritablement la manière de diriger de Mel Gibson. « Il est un réalisateur très instinctif » raconte-t-elle. « Il parle peu, mais cest comme sil pouvait communiquer davantage avec son corps et sa gestuelle. En plus dêtre très intelligent, il est capable de ressentir les choses très rapidement et de façon très intense. Et pour moi, cest une qualité très importante chez un réalisateur ». Un autre rôle symbolique est celui de Satan, interprété
par lactrice italienne Rosalinda Celantano, qui incarne le diable
sous les traits dun être androgyne qui peut se transformer
à volonté et changer lapparence des choses, semant
la peur et le doute sur son passage. Pour donner un regard plus hypnotisant
à la comédienne, on a rasé ses sourcils, et on
la filmée au ralenti pour rendre le côté irréel
de son personnage. Plus tard, sa voix a été doublée
par celle dun acteur, afin daccroître lambiguïté
qui règne autour de Satan. Comme lexplique Mel Gibson :
« Le mal est séduisant. Il prend lapparence de la
bonté et de la normalité, mais pas entièrement.
Cest ce que jai tenté de faire avec le diable dans
mon film cest lessence du mal : prendre quelque chose
de bien et le transformer quelque peu ». JÉRUSALEM AU 1er SIÈCLE DANS LA ROME DU 21e SIÈCLE : LA DIRECTION ARTISTIQUE Une fois la distribution du film choisie, léquipe de production a parcouru la planète pour trouver des lieux de tournage qui permettraient de reproduire laspect et lambiance de Jérusalem pendant lantiquité, et laridité des abords du désert de Judée à lépoque du Christ. Du Maroc à la Tunisie, en passant par le Nouveau-Mexique et lEspagne, on a trouvé plusieurs lieux qui convenaient à la mise en scène du film. Toutefois, toute la logistique que supposait un tournage à divers endroits nétait pas sans poser de nombreux problèmes. Gibson a fini par arrêter son choix sur Rome, qui offrait deux très grands avantages : 1) les légendaires studios de Cinecitta sont reconnus pour leurs décorateurs de plateau, parmi les meilleurs au monde; et 2) la ville de Matera, vieille de 2 000 ans, est située à proximité des studios, dans la région de Basilicata. Cest une pure merveille, avec ses paysages dans le roc et ses vieilles pierres, qui rappelle Jérusalem. Cest également la ville quavait choisie Pasolini comme lieu de tournage principal pour son Il Vangelo Secondo Matteo (LÉvangile selon Saint Matthieu). Les collaborateurs de Mel Gibson chargés des décors étaient le directeur artistique italien Francesco Frigeri (Malèna) et le concepteur des décors Carlo Gervasi, qui avaient pour tâche de créer les imposants décors, chargés dhistoire, du Temple, du prétoire et du palais de Ponce Pilate. Jérusalem à lépoque de la mort de Jésus était une ville de splendeurs, établie entre des collines et truffée de marchés colorés, de citadelles, de viaducs et de monuments. Rien nest resté de cette époque (en 70 après J.-C., les Romains ont détruit lensemble de la ville; le Mur occidental de lactuelle Jérusalem est la seule chose qui reste du Grand Temple hérodien). En seulement 10 semaines, Frigeri a conçu les décors de la ville de A à Z, dans un périmètre de 2 acres des studios de Cinecitta, avec les collines et les paysages de pierre de Matera, utilisés par la suite comme toile de fond. Frigeri a créé, après de nombreuses recherches, un modèle réduit de Jérusalem qui est fidèle au mélange dinfluences romaine et hérodienne qui composaient la ville à cette époque on pouvait y voir de hautes colonnes blanches, de longs escaliers de pierre et des arcades de style romain, ainsi que des maisons en pierre de calcaire, des marchés publics et des rues étroites en terre battue. Grâce à leurs plateaux et installations immenses, les studios de Cinecitta sont lun des seuls endroits au monde où il est possible de recréer une ville entière. Dailleurs, Martin Scorsese y terminait le tournage de Gangs of New York avec pour toile de fond le New York du 19e siècle, juste avant que Mel Gibson ne donne son premier tour de manivelle. Pendant ce temps, à Matera, léquipe de production saffairait à recréer les remparts de Jérusalem pour le tournage des scènes de lenfance de Jésus et de sa crucifixion au mont Golgotha. Un élément essentiel de lesthétique de La Passion du Christ est sans contredit le travail du réputé directeur photo Caleb Deschanel, qui a déjà été nominé quatre fois aux Oscars®. Deschanel, qui avait déjà collaboré avec Mel Gibson pour The Patriot (Le Patriote), a passé de longues heures à discuter avec le réalisateur de sa vision du film, sinspirant des toiles du peintre italien Michelangelo Merisi dit « Le Caravage » (Caravaggio), le peintre de la renaissance dont luvre a marqué un nouveau courant dans la peinture de cette époque. Lapproche innovatrice du Caravage, avec ses jeux de lumière, son réalisme étonnant et son illustration de lobscurité et de lillumination spirituelle, a révolutionné la peinture religieuse du 17e siècle, se détachant de lidéalisation de lexpérience religieuse. Tout comme lui, Mel Gibson avait lintention de briser le moule des comptes rendus aseptisés de la Passion. Il a tout de suite établi un parallèle entre le style du Caravage et le traitement de son film. « Je trouve que ses tableaux sont dune grande beauté, violente, sombre et spirituelle, tout en ayant un côté irréel et étrange », de dire Gibson au sujet de luvre du peintre.
Le concepteur des costumes, Maurizio Millenotti qui a travaillé avec les plus grands cinéastes, tel Fellini, Zeffirelli et Tornatore , a lui aussi puisé son inspiration dans luvre du Caravage, utilisant des tons riches et contrastés de beige, brun et noir. Il a également fait des recherches poussées sur les vêtements quon portait à Jérusalem au premier siècle, selon les diverses cultures qui sy côtoyaient, habillant la foule de tuniques, de capes et de sandales fabriquées en fibres naturelles, et faisant porter aux soldats romains les plastrons et casques moulés typiques de leur époque. Complétant le détail des textures des costumes de Millenotti, les créateurs des effets spéciaux de maquillage Keith VanderLaan et Greg Cannom (qui a été six fois nominé aux Oscars®, et qui a en a gagné deux) faisaient équipe sur le tournage. VanderLaan et Cannom ont récemment travaillé ensemble à deux projets : A Beautiful Mind (Un homme dexception) et Pirates of the Caribbean (Pirates des Caraïbes). Mel Gibson a choisi demmener avec lui en Italie ce duo dexperts, parce quil savait quil devait avoir recours aux meilleurs spécialistes du maquillage au monde pour rendre avec le plus de réalisme possible les scènes de son film. Jim Caviezel a dû se plier à des séances de maquillage laborieuses qui duraient de 4 à 8 heures par jour, pour quon puisse transformer son apparence à laide de perruques et de prothèses de haute technologie. Pour les scènes de tortures et de crucifixion, ces séances sont devenues de plus en plus intenses, à mesure que le visage et les membres de Caviezel se couvraient de plaies et de cicatrices. Dailleurs, Keith VanderLaan a fait ses propres recherches sur lanatomie de la crucifixion. Les scientifiques daujourdhui estiment que cette pratique devait entraîner des hémorragies importantes et la détresse respiratoire, en plus de toutes les souffrances que lon suppose. Les concepteurs deffets spéciaux de maquillage ont mis au point des techniques pour simuler lenfoncement des clous dans les mains de Jésus par les soldats, et la peau de son dos qui était arrachée à mesure quils le fouettaient. Pour créer des cicatrices à laspect authentique, léquipe devait peindre chaque jour des tatouages sur le dos de James Caviezel, jusquà ce quil soit couvert décorchures et de coupures. Enfin, VanderLaan a créé un mannequin articulé en caoutchouc, à limage de Caviezel, qui pouvait prendre la place de lacteur sur la croix pour certaines prises de vue densemble, lui allouant ainsi une période de repos bien mérité. Comme le résume Steve McEveety : « Au bout du compte,
ce film a pris une ampleur que nous navions pas soupçonnée,
et cest sans doute en raison de lenthousiasme de toutes
les personnes qui y ont travaillé. Chaque personne qui a pris
part à ce projet sy est donnée corps et âme.
Cest une véritable oeuvre collective». Pour Mel Gibson,
ce film est une réalisation de groupe, et il espère que
quiconque le verra vivra une expérience personnelle, quelles
que soient ses origines et ses croyances. « Lun des plus
grands espoirs que je fonde sur ce film, cest quaprès
lavoir vu, le public aura envie de sinterroger davantage
», souligne-t-il. |