Né le 07 Avril 1954, à Honk Kong
Le 7 avril 1954 naissait Chan Kong-Sang à
Shandong (Hong-Kong) au sein d’une famille pauvre. Aujourd’hui connu
sous le nom de Jackie Chan, il est la plus grande star asiatique depuis
une vingtaine d’années et un demi-Dieu pour toute la Chine. A la fois
cascadeur, acteur, chanteur, chorégraphe, réalisateur, producteur et
scénariste, il a réinventé le cinéma de kung-fu grâce à son sens de la
comédie et ses cascades invraisemblables. A un peu plus de 50 ans,
c'est enfin le bon moment de faire une rétrospective de son œuvre fort
abondante.
1954 – 1977 : La jeunesse, de l’Opéra de Pékin à ses premiers rôles
On peut croire à la destinée lorsque l’on regarde le déroulement de
certaines vies. Jackie fait partie de ces cas tant dès son premier jour
il semblait être prédisposé à être cascadeur, puisqu’il naquit en
pesant 5,4 kilos, ce qui lui a valu le surnom de boulet de canon. En
1960, ses parents déménagent en Australie puisqu’ils y trouvent un
travail à l’ambassade. Le jeune Jackie ne les suit pas et est envoyé à
l’Opéra de Pékin où il apprendra toutes les bases de son futur métier
entre l’apprentissage des arts martiaux, des acrobaties, du chant ou de
la danse. Inutile de dire qu’en Chine l’entraînement atteint un niveau
de perfection et de sadisme assez exceptionnel. Les enfants
travaillaient 18 heures par jour sous la direction de maîtres qui
avaient le droit de vie ou de mort sur eux. Il en sort en 1971, diplôme
en poche, avec une condition physique exceptionnelle qui lui servira
toute sa carrière. Pour information, Sammo Hung et Yuen Biao, deux
autres futures stars et grands amis de Jackie ont suivi le même
parcours.
Jackie a déjà participé à plusieurs petits films en tant que figurant (Big and little Wong Tin-Bar, L’hirondelle d’or ou Les héroïques) et a même eu droit à un rôle important dans Le jeune Tigre.
Mais il faut savoir que ces productions pullulent et hormis celles de
Bruce Lee toutes sont d’un niveau lamentable. Il part alors en
Australie travailler en cuisine ou sur des chantiers mais cela ne
correspond pas à ses désirs et il revient vite à Hong-Kong au sein de
l’industrie cinématographique.
La tête brûlée qu’il est se fait très vite remarquer en exécutant dans La fureur de vaincre
la cascade de l’époque, à savoir sauter le plus loin possible en
défonçant une vitre sans protection. Pas de problème pour Jackie qui
vient de rentrer par la grande porte (cassée) dans le cinéma de
kung-fu. Il enchaîne alors les cascades pour les films de Bruce Lee (Opération Dragon, la nouvelle fureur de vaincre)
tout en assurant des petits rôles peu intéressants à côté. Tout change
après la mort de Bruce Lee en 1973 qui bouleverse un cinéma hongkongais
à la recherche d’un nouveau héros. Dur d’en trouver un puisque tous les
films produits veulent trouver un nouveau Bruce qui est évidemment
unique. Jackie enchaîne ainsi des rôles qui ne lui conviennent pas ou
qui sont fort peu intéressants. Entre L’impitoyable, Le vengeur, Le magnifique, L’irrésistible ou Le poing de la vengeance,
vous imaginez bien que tout se ressemble et que rien ne vaut le détour.
Durant cette période, il a tout de même pu se former aux différents
corps de métier du cinéma et ainsi savoir ce qui sera le plus à même de
marcher.
1978 – 1984 : La starification, premiers succès et premiers échecs
Tout change lorsque Jackie Chan décide de mêler humour et kung-fu dans un même film. Le protecteur sera le premier en la matière et passera tout de même inaperçu faute de scénario. Mais le succès ne va pas le fuir longtemps et il le rencontrera dans Le chinois se déchaîne (Snake in the eagles shadow). Le réalisateur se nomme Yuen Woo-Ping (aujourd’hui mondialement connu pour être le principal chorégraphe des films de kung-fu entre Tigre et Dragon, Matrix ou Il était une fois en Chine) et sait se montrer innovant, gardant le côté comique pour le mettre au service d’une vraie histoire et d’une technique de combat nouvelle, celle du serpent.
Forts de cette reconnaissance, Jackie et Yuen Woo-Ping enchaînent le tournage d’un nouveau film : Le maître chinois, plus connu sous le nom de Drunken Master. Dès sa sortie en 1979, la Jackie-mania est lancée et l’on comprend pourquoi tant le résultat est original. Certes, Drunken Master
a fortement vieilli aujourd’hui mais il n’en reste pas moins un
classique du kung-fu humoristique. Imaginez un peu un homme qui se bat
de mieux en mieux à mesure qu’il est saoul. Imaginez maintenant que cet
homme soit Jackie Chan et qu’il utilise une multitude de techniques de
combat. Liez le tout avec une histoire de vengeance qui se concrétisera
quand un élève surdoué trouve un maître aussi alcoolique que lui et
vous avez une petite pépite d’humour et de kung-fu plus ou moins
traditionnel. Avec ce film, le remplaçant de Bruce Lee est enfin trouvé
et il se nomme Jackie Chan.
Superstar en Asie, il continue évidemment
dans ce qu’il sait faire de mieux mais passe cette fois au niveau
supérieur en voulant réaliser lui-même. Ses deux premiers essais, La hyène intrépide et La danse du lion,
sont mitigés de par l’histoire limitée mais laissent présager de beaux
jours à Jackie tant ses qualités physiques sont impressionnantes.
Naturellement, il s’en va conquérir l’Amérique et son gros marché avec
un film intitulé Le Chinois. C’est le
premier revers de Jackie, un échec qui n’a rien de surprenant au vu de
la piètre qualité du film, mêlant combats à la chorégraphie américaine
avec comme seule différence un type de 30 centimètres de moins que ses
adversaires. Il arrive tout de même à jouer un second rôle dans L’équipée du Canonball avec Burt Reynolds mais ce n’est pas comme ça que l’on rencontre la gloire.
Jackie retourne alors à Hong-Kong pour se consacrer à des films qualitativement meilleurs. Il commence par Dragon Lord (1982) qui se distingue par des cascades et des combats impressionnants (la scène d’introduction qu’Ong Bak a copié le jeu de football avec un volant à plumes, le combat de fin dans la grange). Malheureusement l’histoire demeure toujours aussi classique et ne permet pas à cette réalisation de convaincre totalement.
Ce ne sera pas le cas du suivant : Le marin des mers de Chine
(1983). Grande nouveauté, l’histoire ne se déroule pas entre paysans à
la campagne mais au beau milieu d’une ville portuaire en compagnie de
soldats de la marine. On y retrouve les trois frères (Jackie Chan, Yuen
Biao et Sammo Hung) unissant leurs efforts afin de combattre un gang de
pirates. Rien d’exceptionnel me direz-vous sauf que Jackie Chan vient
de mettre en pratique pour la première fois son style de film : humour,
action à tout va et cascades hallucinantes. C’est simple, il a
pulvérisé toutes les cascades ayant été effectuées auparavant en une
scène où, suspendu au bout d’une horloge d’un clocher de 17 mètres, il
tombe les mains menottées sur différents stores avant de s’écraser par
terre. A couper le souffle et à voir plusieurs fois (Jackie crée
d’ailleurs le ralenti multiple où une cascade particulièrement
dangereuse est montrée plusieurs fois de suite). Lorsque vous voyez ce
qu’il fait en vélo, à pied ou avec ses mains, vous ne pouvez que vous
prosterner devant un tel phénomène. Quel dommage que la fin ne soit pas
à la hauteur du reste.
La superstar veut être partout et enchaîne
les seconds rôles dans les productions hongkongaises mettant en valeur
ses amis, comme Le gagnant, Le flic de Hong-Kong ou Le flic de Hong-Kong 2. Il effectue également un petit retour aux Etats-Unis dans Cannonball run 2 et dans le pathétique Retour du chinois
qui met un terme à ses envies américaines. C’est la fin d’un cycle,
Jackie vient de populariser le kung-fu comique mais cela ne comble pas
toutes ses attentes et il veut passer au stade supérieur en terme de
qualité.
1985 – 1994 : L’âge d’or, 10 années de films cultes
En 1985, il s’engage à 100% sur Police story,
sa nouvelle réalisation, où il endosse toutes les casquettes possibles
: acteur principal, scénariste, producteur, chorégraphe et même
chanteur. C’est la première fois qu’il s’occupe vraiment de tout et le
résultat dépassera toutes les espérances puisque ce polar renouvellera
une nouvelle fois le film de kung-fu. Police Story demeure un
des meilleurs Jackie Chan et n’a pas vieilli d’un poil aujourd’hui. Le
film raconte l’histoire d’un officier de police tête brûlée qui réussit
à arrêter à lui seul un gang mafieux. Mais faute de preuves, celui-ci
est relâché et tentera de se venger. Le scénario est assurément
classique mais cela est secondaire puisque ce film n’est pas un
thriller mais un film d’action faisant figure de modèle du genre tant
il est nerveux. Mené par un Jackie Chan au meilleur de sa forme qui n’a
que faire des règlements, Police story combine à un rythme
sans faille des cascades et des moments d’action à couper le souffle.
On retiendra ainsi particulièrement la scène d’introduction qui détruit
une espèce de bidonville et qui voit Jackie poursuivre un car ainsi que
le combat de fin dans un supermarché où le héros se bat contre le gang
au milieu des nombreuses vitrines (qui ne resteront pas longtemps
debout et donneront comme surnom au film "Vitre story"). La cascade
choc sera effectuée dans les dernières minutes où Jackie saute sur une
grande guirlande du haut du centre commercial pour arriver au
rez-de-chaussée après avoir explosé toutes les lampes sur son passage.
Il n’en sortira pas indemne, des coupures partout et les mains
sévèrement brûlées. Cela dit le film n’est pas qu’action et on y
retrouve toujours un brin d’humour grâce en partie au couple Jackie
Chan / Maggie Cheung malmené par une crise de jalousie.
Le succès est bien évidemment au-rendez
vous, ce qui encourage Jackie le superproductif à continuer dans cette
voie. Il s’engage sur Mister Dynamite (Armour of God)
qui raconte l’histoire d’un aventurier des temps modernes.
Malheureusement le scénario n’est pas de son cru et manque cruellement
de rythme et d’intérêt. Ce film fait tout de même partie des
immanquables de par ses scènes d’action, surtout celles ouvrant le
film. Jackie se retrouve entouré d’indigènes et se bat mieux que jamais
mais alors qu’il doit sauter d’un mur à un autre en s’aidant d’une
branche celle-ci craque et il se retrouve 10 mètres plus bas avec du
sang lui coulant par les oreilles. C’est sans aucun doute la blessure
la plus grave qui ne lui soit jamais arrivé et il a frôlé la mort de
peu sur ce coup. Il restera quelques mois à l’hôpital ce qui ne
l’empêchera pas de finir le film qui sera le seul où l’on peut voir
Jackie avec des cheveux courts.
Pas franchement échaudé par ce qu’il vient de vivre, la superstar continue son métier au rythme élevé qu’on lui connaît. Il réalise Action force 10 (Projet A II), la suite du Marin des mers de Chine et joue dans Dragons forever (avec les trois frères), deux films plutôt réussis mais somme toute assez classiques qui ne distinguent pas vraiment.
Il s’engage alors sur un projet bien plus important : Police story 2.
Le film sort en 1988 et est aussi réussi que le premier, encore plus
nerveux, avec la violence et la noirceur en plus. On ne connaissait pas
vraiment cette face de Jackie Chan où l’humour est quasiment absent. Le
résultat se révèle surprenant de par l’histoire et le ton employé.
Jackie reçoit un blâme de ses supérieurs pour ses méthodes peu
orthodoxes et démissionne. Cependant il va vite se retrouver au milieu
d’une nouvelle affaire où un groupe terroriste menace la ville. Au
menu, encore plus d’actions et de nouvelles cascades (Jackie défonce la
vitre d’une voiture en marche, saute d’un bus à l’autre en se
retrouvant au final derrière une vitrine ou grimpe un escalier sur les
mains). Tout simplement hallucinant ! La nervosité des scènes et de
l’intrigue permet d’accrocher totalement à l’histoire. Voilà un
excellent polar comme on n’en fait plus. Que ceux qui croient que
Jackie Chan n’est qu’un comique regardent celui-là.
Toutefois, le réalisateur essuie de plus en plus de critiques de la part des médias asiatiques qui lui reprochent son manque d’innovation et de talent artistique. Touché dans son orgueil, Jackie s’engage à réaliser son plus gros film mais cette fois-ci davantage centré sur l’histoire et l’atmosphère que sur l’action. Nous pouvons voir le résultat en 1989 avec Big brother (Miracles : Mister Canton & Lady Rose) qui raconte l’histoire d’un homme pauvre et honnête qui prend la tête des Triades. Il s’en va évidemment changer les règles du clan mais aussi aider une dame vendeuse de roses à retrouver sa famille. Voilà le film de Jackie qui prouve son talent de réalisateur de par son sens du cadrage et sa capacité à réussir ce qui est techniquement difficile (regardez le travelling d’ouverture). Le film séduit de par son ambiance et l’histoire qu’il raconte mais est un ton en-dessous niveau action malgré quelques scènes impressionnantes. Big brother fera taire tous ses détracteurs et Jackie aura réussi la tâche qu’il s’était allouée. En 1990, il enchaîne dans Island of fire, un film triste et mauvais qu’il a joué pour faire plaisir au réalisateur.
Pour repartir d’un bon pied, il lance la suite d’Armour of God : Operation Condor
où il occupe une nouvelle fois tous les postes. Le film raconte
l’histoire d’un aventurier chargé de récupérer une cargaison d’or
cachée dans le Sahara par des nazis lors de la seconde guerre mondiale.
On peut dire qu’il s’est lâché sur cette histoire. Cela faisait
longtemps que ses films n’avaient plus rien d’humoristique et celui-ci
est le plus drôle jamais réalisé. Opération Condor est un
modèle de divertissement, mêlant action et comédie sans temps mort et
dans des situations toujours plus déjantées mais un minimum réalistes.
C’est un film culte dont je connais chaque passage et chaque réplique
par cœur mais qui me fait toujours autant rire à chaque visionnage. Ne
le cherchez pas en DVD, il n’est sorti qu’aux Etats-Unis où Miramax l’a
massacré au montage. Tout l’humour se base sur l’association de Jackie
le super héros aux trois filles boulets qui l’accompagnent. Ajoutez à
cela deux arabes hilarants faussement méchants et des mercenaires
dangereux et vous aurez un cocktail explosif. Niveau bagarre, le
résultat est classique dans l’ensemble sauf dans une scène finale
hallucinante d’imagination et de virtuosité où Jackie se bat dans une
soufflerie géante. Côté cascade c’est tout aussi bon entre une
poursuite en voiture réglée par Rémy Julienne, un saut en moto pour se
raccrocher à un filin suspendu, une passerelle qui manque à 2
millimètres de le scalper ou descendre par le biais d’une chaîne
(cascade d’ailleurs ratée que l’on peut voir dans le bêtisier où Jackie
s’enfonce le sternum). Immanquable !
Après cet énorme succès, Jackie décide de ralentir niveau réalisation et se consacre principalement à son premier métier : acteur. Il joue dans Double dragon où il incarne deux jumeaux séparés à la naissance et se rencontrant à nouveau, l’un étant devenu chef d’orchestre et l’autre mécanicien un peu voyou. C’est l’occasion rêvée d’insérer gags et quiproquos au milieu de bonnes scènes d’action. Il faut voir Jackie Chan en chef d’orchestre et le combat final dans un centre d’essai automobile. Un bon film mais qui n’arrive pas au niveau des réalisations de Jackie.
Jackie tourne ensuite dans Police Story 3 : Supercop avec Michelle Yeoh où il infiltre un gang de dealers. On retrouve un peu le côté violent de Police Story
ainsi que des cascades hallucinantes (saut vers un hélicoptère puis
balancement dans le vide ou arriver avec une moto sur un train) mais
cela ressemble plus à un gros film d’action qu’à un Jackie Chan. Il
manque le côté nerveux presque viscéral des précédents qui faisait tout
leur charme. Il n’en reste pas moins un film impressionant et très
réussi que tout fan se doit de voir.
Jackie revient vite vers un côté plus joyeux en jouant le rôle principal de Niky Larson (City Hunter)
tiré du célèbre manga. Que dire si ce n’est que l’adaptation se place à
un degré de folie rarement atteint, ne reprenant à l’œuvre originale
que le côté obsédé du personnage principal. Plutôt tourné vers un
public jeune, on adore ou on déteste. Le film est tellement bête qu’on
le regarde soit de marbre, soit plié en deux. Personnellement c’est la
deuxième option et il faut voir la parodie hilarante de Street fighter
ou les réactions de Niky face aux jolies filles. Ajoutez à cela des
combats forts sympathiques, surtout celui de fin et vous obtenez un
divertissement de premier ordre.
Après le rire, on change de milieu avec Crime story, le film le plus dur jamais tourné par un Jackie qui ne sourit pas une seule fois. Inspiré d’une histoire vraie, ce polar séduit par son intrigue et son austérité. Les scènes d’action sont peu nombreuses mais intenses et ce film joue trop dans le premier degré pour vraiment marquer. On n’y retrouve pas le Jackie que l’on connaît et il est toujours aussi déroutant.
Nous arrivons en 1994 et comme d’habitude, après une histoire dure on retrouve un ton un peu plus joyeux. Jackie Chan s’apprête à jouer dans la suite de Drunken Master, intitulée Combat de maîtres (Drunken Master 2) où il reprend son rôle du légendaire Won Fei-Hung, adepte de la boxe de l’ivrogne. Le film est réalisé par Chia-Liang Liu mais cela se passe mal et il est renvoyé, Jackie reprenant les rênes du film. Une bonne décision puisque Combat de maîtres reste à ce jour son meilleur film. Une seule critique à lui faire : il joue à 40 ans un rôle de jeune homme mais cela ne se voit aucunement physiquement tant il arbore une forme hors normes. C’est simple, niveau kung-fu celui-ci surclasse tous les autres. Jackie Chan se bat tel un surhomme, que ce soit à la force de ses poings ou aidé d’armes et plus il boit plus il est fort. On retiendra particulièrement un combat dans un restaurant où Jackie se défend à l’aide d’un bambou d’une horde d’ennemis équipés de machettes. Mais ce n’est encore rien comparé au combat final qui se situe dans une usine de sidérurgie où le feu joue un rôle considérable. Jackie est ainsi brûlé, balancé dans des braises ou se prend des sortes d’énormes poids sur le dos. L’alcool à brûler le réconfortera et lui permettra de vaincre un adversaire au jeu de jambe redoutable (Ken Lo Wai-Kung, son garde du corps dans la vie de tous les jours).
Tous les combats sont desservis par une
esthétique et une mise en scène stylisée vraiment remarquables.
L’histoire est également épatante, ancrée de manière très réelle dans
une Chine du XIXème siècle colonisée en partie par les Anglais. Wong
Fei-Hung s’affirmera comme le défenseur de la cause chinoise et le film
montre bien cet aspect malgré ses penchants pour l’alcool. L’humour est
également omniprésent, emmené d’une main de maître par la regrettée
Anita Mui et son rôle de femme forte (enfin dans un film de Jackie Chan
!).
1995 – 2005 : L’américanisation, le début de la fin ?
Combat de maîtres est la dernière vraie réalisation de Jackie
Chan qui conclut de la plus belle manière l’ensemble de ses œuvres.
Depuis 10 ans il n’a (presque) plus touché une caméra ou une plume à
notre plus grand regret et se contente de jouer depuis. Le niveau de
ses films a considérablement baissé au fil des années jusqu’à devenir
mauvais. Retour sur l’explication d’un fait pas compliqué à comprendre.
En 1995 sort Rumble in the Bronx, une nouvelle réalisation de Stanley Tong qui se déroule comme son nom l’indique dans le Bronx. Revoilà Jackie de retour aux Etats-Unis mais dans un film asiatique. Le résultat est très rythmé, humoristique et un peu violent où l’on voit un Jackie au meilleur de sa forme niveau action (sauf lorsqu’il se casse la cheville). Tout cela forme un bon divertissement mais à l’accent bien trop américain, surtout lors d’une scène de fin très moyenne.
Jackie enchaîne rapidement sur Thunderbolt,
un film de voitures, un genre qu’il avait toujours voulu faire. Les
rares combats sont vraiment bons, le reste est à oublier. En 1996, il
retrouve Stanley Tong pour Contre-attaque,
une fausse suite de Police Story puisque le film n’est pas un polar
mais un James Bond. Jackie est espion entre la Russie et l’Australie et
se voit être manipulé par tout le monde. Malheureusement pour les
autres, il est en pleine forme. Contre-attaque est son
dernier film véritablement pleinement réussi. Il enchaîne les cascades
et les morceaux de bravoure entre sauter avec un snowboard sur un
hélicoptère, se battre sur échasses ou au milieu des requins lors d’une
dernière scène franchement amusante. Bien mieux qu’un James Bond, avec
l’humour en plus !
Dans le même temps, Rumble in the Bronx
a été racheté par New Line et sort aux Etats-Unis. Le succès est
immédiat et Jackie devient également une célébrité en Amérique. Miramax
rachète alors une bonne partie de sa filmographie et ressort ses films
sur grand écran après les avoir remontés et redoublés d’une horrible
façon. Forcément le résultat n’est pas concluant.
Jackie continue de jouer pour des productions asiatiques vouées à l’international avec Mister Cool, film basique aux scènes d’action réussies mais dont la fin est malheureusement nullissime. Il enchaîne sur Who am I ? dont il s’occupe en partie de la réalisation et de l’écriture. On a malheureusement du mal à retrouver le style Jackie Chan tant l’histoire est ennuyeuse et les combats rares (à noter une scène d’action avec des sabots).
Il s’ensuit la sortie de Rush Hour aux Etats-Unis avec le rush qu’on lui connaît. Le film joue sur le contraste de personnalité entre la grande gueule Chris Tucker et le sage Jackie Chan pour un résultat sympathique. Certes les combats sont moins bons que dans les productions asiatiques mais le divertissement est assuré. Il n’en faut pas plus pour en faire une star. Dans son envie boulimique de jouer tous les rôles qu’on lui propose, il ne va plus se reposer ou prendre de temps pour réfléchir à ses choix mais enchaîner le plus de films possibles. Dur de faire quantité et qualité, que ce soit pour les productions asiatiques ou américaines, et Jackie Chan s’est pourtant engagé sur cette voie depuis quelque temps.
Il tourne en 1999 le négligeable Gorgeous, son premier film d’amour, ainsi que Shanghai Kid,
son meilleur film américain. Ce western est un divertissement de bonne
facture qui allie comme toujours humour, avec un Owen Wilson en pleine
forme, et action. Les chorégraphies sont de Jackie et comme toujours
réussies. Il manque toutefois le côté casse-cou et fonceur qui faisait
tout le charme de ses films asiatiques. A noter la participation de
Lucy Liu en princesse.
Il enchaîne à partir de 2000 Espion amateur, Rush hour 2, Le smoking, Shanghai Kid 2, Le médaillon et Le tour du monde en 80 jours
avec le peu de succès qu’on leur connaît. Je préfère ne pas m’étendre
sur ces films déjà critiqués sur Krinein et qui ne montrent en rien ce
qu’est un vrai Jackie Chan. La superstar de Hong-Kong vient de se faire
manger par le système de production américain qui n’exploite en rien
ses capacités et il devrait prendre du temps pour réfléchir sur des
projets qui valent le coup. En ce moment sort New Police story, espérons que l’on puisse revoir un retour aux sources.
En 30 ans, la carrière de Jackie Chan a été entrecoupée de hauts et de
bas et elle se situe aujourd’hui dans un creux qui n’affecte en rien sa
popularité phénoménale mais beaucoup plus sa crédibilité. Lorsque l’on
regarde sa carrière, on se rend tout de même compte de son talent et de
son influence dans le monde du cinéma. Il a été réalisateur de tous ses
meilleurs films et a participé à tous les niveaux sur ceux devenus
cultes. Il ne se concentre plus aujourd’hui sur la réalisation et c’est
bien dommage vu son niveau bien souvent mésestimé (fait également dû
aux coupes que ses films ont largement subi).
Il faut également tirer un coup de chapeau à toutes les cascades qu’il
a effectuées, des plus insensées aux plus anodines et un film de Jackie
Chan sans cascade n’est pas un vrai film de Jackie Chan, fait que les
américains ont oublié. Il faut se rendre à l’évidence, ses plus belles
années sont derrière lui et à moins qu’il ne se remettre derrière la
caméra on le voit mal aujourd’hui rejouer dans des films réellement
intéressants.
Merci encore Jackie pour ta formidable carrière. Tu nous as fait bien rire et rêver.
ACTEUR :
(2004) New police story, de Benny Chan : l'Inspecteur Wing
(2004) The Myth, de Stanley Tong
(2003) Le Tour du monde en 80 jours, de Frank Coraci : Passepartout
(2003) Titanium rain, de Stanley Tong
(2003) The Sword searchers, de Tony Ching Siu-Tung
(2002) Shanghaï kid II, de David Dobkin : Chon Wang
(2002) The Twins effect, de Dante Lam
(2001) Le Médaillon, de Gordon Chan : Eddie Yang
(2001) Espion amateur, de Teddy Chan : Buck Yuen
(2001) Le Smoking, de Kevin Donovan : Jimmy Tong
(2001) Rush hour 2, de Brett Ratner : Inspecteur Lee
(2000) Shanghaï kid, de Tom Dey : Chon Wang
(1999) King of comedy, de Stephen Chow : Extra
(1998) Jackie Chan dans le Bronx, de Stanley Tong : Ah Keung
(1998) Mister Cool, de Sammo Hung Kam-Bo
(1998) Rush hour, de Brett Ratner : l'inspecteur Lee
(1996) Contre-attaque, de Stanley Tong
(1996) Police story 4, de Stanley Tong : Ka Kui
(1995) Thunderbolt pilote de l'extrême, de Gordon Chan : Chan Foh To
(1994) Drunken Master II, de Chia-Liang Liu : Wong Fei-hung
(1993) Crime Story, de Kirk Wong : Inspecteur Eddie Chan
(1992) Police Story III: Supercop, de Stanley Tong : Kevin Chan Ka Kui
(1992) Double Dragon, de Ringo Lam : Ma Yau/Die Hard
(1992) NiKi Larson, de Jing Wong : Ryo Saeba
(1991) Opération Condor, de Jackie Chan : Jackie Condor
(1989) Qiji, de Jackie Chan : Cheng Wah Kuo
(1988) Police Story II, de Jackie Chan : Kevin Jackie Chan Ka Kui
(1987) Mister Dynamite, de Jackie Chan
(1985) Police Story, de Jackie Chan : Kevin Jackie Chan Ka Kui
(1985) Le Flic de Hong Kong, de Sammo Hung Kam-Bo : Muscles
(1985) Le Flic de Hong Kong 2, de Sammo Hung Kam-Bo : Muscles
(1985) The Protector, de Jackie Chan : Billy Wong
(1984) Cannonball 2, de Hal Needham : Jackie
(1983) Le Marin des mers de Chine, de Jackie Chan : Jackie
(1983) Project A, de Jackie Chan : Jackie Dragon Ma
(1982) Dragon Lord, de Jackie Chan : Dragon
(1981) L'Equipée du cannonball, de Hal Needham : Premier conducteur de Subaru
(1980) Le Chinois, de Robert Clouse : Jerry Kwan
(1980) Hyene intrepide, de Jackie Chan : Shing Lung
(1980) Young master, de Jackie Chan : Dragon
(1979) Dragon Fist, de Lo Wei : Tang How-Yuen
(1978) Drunken Master, de Yuen Woo Ping : Wong Fei-Hong
(1978) Le Chinois se déchaine, de Yuen Woo Ping : Chien Fu
(1978) Le Magnifique, de Chi-Hwa Chen : Hsu Yin-Fung
(1977) Les 36 poings vengeurs de Shaolin, de Jackie Chan : Jackie
(1976) Shao Lin men, de John Woo : Tan Feng
(1976) New Fist of Fury, de Lo Wei : A Lung
(1973) Operation dragon, de Robert Clouse : Un des hommes du combat final
(1973) Slaughter in San Francisco, de Lo Wei
(1973) Eagle shadow fist, de Zhu Wu : Si To
(1972) La Fureur de vaincre, de Lo Wei : un étudiant
(1972) Lady Kung Fu, de Feng Huang
(1971) Hsia nu, de King Hu : Cascadeur
(1971) Le jeune tigre, de Hsin Chin : Jackie Chan
(1966) L'Hirondelle d'or, de King Hu
(1966) Come drink with me, de King Hu
(1962) Big and Little Wong Tin Bar : le Kid
The Bellboy
REALISATEUR :
(1994) Drunken Master II
(1993) Crime Story
(1991) Opération Condor
(1989) Qiji
(1988) Police Story II
(1987) Mister Dynamite
(1985) Police Story
(1985) The Protector
(1983) Le Marin des mers de Chine
(1983) Project A
(1982) Dragon Lord
(1980) Hyene intrepide
(1980) Young master
(1977) Les 36 poings vengeurs de Shaolin
SCENARISTE :
(1991) Opération Condor, de Jackie Chan
(1989) Qiji, de Jackie Chan
(1988) Police Story II, de Jackie Chan
(1983) Le Marin des mers de Chine, de Jackie Chan
(1983) Project A, de Jackie Chan
(1982) Dragon Lord, de Jackie Chan
(1980) Young master, de Jackie Chan
PRODUCTEUR :
(2004) New police story, de Benny Chan
(1991) Center Stage, de Stanley Kwan
(1987) Rouge, de Stanley Kwan
DIRECTEUR ARTISTIQUE :
(1982) Dragon Lord, de Jackie Chan
CASCADEURS:
(2004) New police story, de Benny Chan
(1985) Police Story, de Jackie Chan
PRODUCTEUR EXECUTIF :
(2003) Le Tour du monde en 80 jours, de Frank Coraci
(2002) Shanghaï kid II, de David Dobkin
(2000) Shanghaï kid, de Tom Dey
(1992) Police Story
III: Supercop, de Stanley Tong