Réalisateur : Christophe Gans
Scénario : Stéphane Cabel
Producteur :
- Samuel Hadida
- Richard Grandpierre
Directeur photo : Dan Laustsen
Décorateur : Guy-Claude François
Musique : Joseph LoDuca
Acteurs :
- Samuel Le Bihan : Grégoire De Fronsac
- Mark Dacascos : Mani
- Emilie Dequenne : Marianne De Morangias
- Vincent Cassel : Jean-Francois de Morangias
- Monica Bellucci : Sylvia
- Jérémie Renier : Le Marquis Thomas d'Apcher
- Jean Yanne : Le comte de Morangias
- Jean-François Stévenin : Henri Sardis
Genre : Aventure, Historique
Année : 2001
Durée : 2 h 22
Origine : Français
Distribution :
- Universal Pictures
- Metropolitan FilmExport
Effets Spéciaux :
- Arthur Windus
- Val Wardlaw
- Georges Demetrau
Monteur :
- David Wu
- Sébastien Prangère
Résumé :
Le chevalier Grégoire de Fronsac, naturaliste au jardin du Roi, est envoyé en Gévaudan pour dresser le portrait de la bête ...
Il est accompagné de Mani, un indien de la tribu des Mohawks - son frère de sang, rencontré pendant la guerre de sept ans, en "Nouvelle-France".
Fronsac et Mani s’installent chez le jeune Marquis Thomas d’Apcher, noble éclairé, fasciné aussi bien par Fronsac que par Mani.
Au cours d’une soirée donnée en son honneur, Fronsac tombe amoureux de la belle Marianne, fille du Comte de Morangias et sœur de Jean-François, grandes figures de la noblesse locale.
Les attaques se multiplient. Fronsac doit bientôt se rendre à l’évidence: la bête existe bel et bien, mais ce n’est pas un loup ni aucun animal connu ...
La légende du Gévaudan :
La légende de la bête du Gévaudan
130 victimes en trois ans.
Une série de meurtres sanglants débute avant la Révolution Française, en juin 1764. Une paysanne fait paître son troupeau sur un haut plateau de la région du Gévaudan, lorsqu’elle échappe de justesse à l'attaque d'un animal “gigantesque”. Selon la vachère, "Il" est plus grand qu'un loup, avec une tête énorme, une raie noire qui lui court sur le dos, et une queue touffue.
Ce qui aurait pu n’être qu’un incident va alors se révéler être le début d'une effroyable tuerie qui fera près de 130 victimes en trois ans.
Hasard ou coïncidence ? La bête du Gévaudan s’attaque uniquement aux femmes ou à de jeunes enfants.
Dès lors, la peur gagne toute la région: des battues sont même organisées par le comte de Morangias. La rumeur se répand dans tout le pays et même jusqu’au roi. Ce dernier décide alors d’envoyer des soldats afin de tuer la bête. Peine perdue: les soldats n’attraperont jamais la bête.
Des interprétations fantaisistes
Les interprétations que l'on fit alors de la bête étaient complétement fantaisistes: pour certains, il s’agissait d’un loup-garou, pour d’autres d’un ours, ou même un extra-terrestre.
En désespoir de cause, le roi (exaspéré des rumeurs de complot organisé contre lui) envoie son propre lieutenant de chasse, Antoine de Beauternes. Ce dernier va abattre un loup énorme, le fera empailler et le ramènera à Versailles. Histoire de faire taire les médisants ... Mais le massacre se poursuit inexorablement.
Ce n'est qu'en juin 1767 que Jean de Chastel, un homme de la région, tire et tue un autre loup. Il proclame pourtant avoir tué la bête du Gévaudan.
A partir de cette date, plus aucune victime ne sera dénombrée par les attaques du monstre. Les hypothèses les folles circulent encore ... D'après des recherches topographiques récentes sur les lieux et les dates des meurtres, les spécialistes s'accordent à penser qu'il ne peut pas s'agir d'un loup en raison des trop grandes distances à parcourir entre chaque endroit.
Autre hypothèse: les conflits de religions. Comment en effet expliquer un tel carnage, quand on sait que toutes les victimes étaient catholiques ?
Mais à ce jour, aucune preuve indiscutable n'est jamais venue éclaircir le mystère.
Les Personnages
Samuel Le Bihan / Grégoire de Fronsac
Grégoire de Fronsac est naturaliste au service du Roi.
Mais il demeure surtout un aventurier et libertin. Un homme de terrain formé à l'art de la guerre et aux maniements des armes par Mani. Ce dernier, un Indien qu'il a rencontré lors d'un de ses voyages en Nouvelle-France, est son frère de sang et le suit partout.
Samuel Le Bihan a été le premier acteur sélectionné pour participer à l'aventure du "Pacte des loups".
Présenté comme le nouveau Belmondo, il a participé à de nombreux tournages, variant les styles avec una aisance certaine: "Capitaine Conan" de Bertrand Tavernier, "Le Cousin" d'Alain Corneau...
Mais c'est surtout "Vénus Beauté" de Toni Marshall ( César du meilleur film) qui permet à l'acteur de se faire connaître du grand public.
Depuis, on a pu le voir dans "Jet Set" et "Total Western" d'Eric Rochant.
Nul doute que "Le Pacte des loups" devrait le faire rentrer dans le top 10 des meilleurs acteurs français actuels.
Vincent Cassel / Jean-François de Morangias
Jean-François de Morangias est un noble traditionaliste, amateur de chasse et de voyages.
Il se bat pour préserver ses privilèges et conquérir l'amour de sa soeur Marianne.
Fils de l'acteur Jean-Pierre Cassel, il fréquente très rapidement le milieu du cinéma. Et se lie des amitiés fidèles, notamment avec Matthieu Kassovitz. Il tournera avec lui trois films "Métisse","La Haine" et "Les Rivières Pourpres".
Passionné par les réalisateurs de sa génération, il tourne avec Jan Kounen ("Doberman") ou encore Luc Besson ( "Jeanne d'Arc").
"Le pacte des loups" révèle une nouvelle facette de son talent : perfectioniste, il s'est réapproprié le rôle, pour lui donner une consistance extraordinaire.
Fantastique performance ...
Monica Belluci / Sylvia
Sylvia est une mystérieuse prostituée travaillant dans la maison close Tessier. Très vite elle devient la maîtresse de Fronsac. Troublante et vénéneuse.
Après une carrière de mannequin, l'italienne obtient des rôles dans des films de son pays natal. Puis très vite, sa carrière prend une toute autre tournure : repérée par Coppola, elle tourne "Dracula"puis enchaîne avec des productions françaises: " L'appartement" , "Doberman" de Jan Kounen ( oû elle rencontre son mari Vicent Cassel). Avant de donner la réplique à Morgan Freeman ( "Seven") et Gene Hackman ("French Connection") dans le remake de "Garde à vue": Suspicion ( de Stephen Hopkins).
Souvent plébiscitée pour sa beauté, il lui reste encore à prouver qu'elle peut être une grande actrice, telle Romy Schneider.
Mark Dacascos / Mani
Mohawk est le frère de sang de Grégoire de Fronsac. Fronsac l'a ramené de Nouvelle-France après le massacre de sa tribu aient été massacrés. Personnage quasi-muet, Mani est en phase avec la nature. Il va se révéler d'une une aide précieuse pour Fronsac dans cette chasse au monstre, avant de connaître une fin tragique.
Acteur
préféré de Christophe Gans, il est
un des rares acteurs au monde à réaliser lui-même
des cascades époustouflantes ( il est d'ailleurs
champion d'Italie de Kung Fu en 1980 et champion d'Europe
en 1982) .
Ses deux premiers longs métrages ("Only the
Strong" et "Double Dragon") ne laissent pas
un souvenir impérissable. Puis en 1995, c'est la
rencontre avec Gans dans le très esthétique
"Crying Freeman".
Reste des apparitions dans quelques autres films ("l'île du Dr Moreau") et dans la série "The Crow".
Jérémie Rénier / Thomas d'Apcher
Le jeune Marquis D'Apcher est le futur narrateur de l'histoire. Fronsac et Mani logeront durant la traque de la bête chez son père. Le courageux Thomas leur servira de guide à travers le Gévaudan.
Acteur Belge, Jérémie Rénier semble avoir suivi le même parcours qu'Emilie Dequenne:
lui aussi a été dirigé par les frères Dardenne ("La Promesse"), avant d'enchaîner les films d'auteur ("Saint-Cyr", "Faites comme si je n'étais pas là") puis de traquer la bête du Gévaudan dans "Le pacte des loups".
Emilie Dequenne / Marianne de Morangias
Marianne de Morangias est la jeune et envoûtante héritière de la plus grande famille de la région. Son intelligence et sa beauté font littérallement fondre Grégoire de Fronsac, qui en tombe très vite amoureux.
Les frères Dardenne ("La Promesse") la révèlent au grand public : "Rosetta" lui permet de remporter le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 1999.
Christopher Gans lui propose alors d'incarner Marianne: sans doute le rôle qui la révèlera au grand public.
Le Tournage
Dès la première semaine, le tournage prend une journée et demie de retard
Après deux ans de pré-production, Christophe Gans laisse tomber son projet de long métrage sur le sous-marin Nemo. Usé, il contacte son ami François Cognard, qui lui avait parlé d'un script sur la bête du Gévaudan: coup de foudre immédiat du réalisateur de "Crying Freeman".
Christophe
Gans contacte alors Stéphane Cabel, l'auteur du scénario,
pour s'engager dans la réalisation du projet.
Ce dernier démarre très fort: Canal + Ecriture
et Richard Grandpierre, l'un de ses fondateurs, soutiennent
le film.
Et
la création entre temps de la branche de production
StudioCanal France permettra à Gans de disposer de tous
les moyens nécessaires pour mener à bien le tournage.
Ce dernier débute le 14 février 2000. Mais dès
la première semaine, le film prend une journée et
demie de retard. Retard qui va s'accumuler pour porter la
durée du tournage à 23 semaines au lieu des
15 initialement prévues.
Le film est par ailleurs composé de 140 scènes avec vingtaine de personnages principaux jouant dans 85 décors différents. Le travail de découpage et de logistique était de ce fait énorme.
Gans a préféré ne pas couper plusieurs scènes d'action, afin de préserver l'ambition commerciale du film. De plus, la venue sur le plateau du maître en chorégraphie de combat Philip Kwok (qui a travaillé avec Tsui Hark, Chang Cheh et John Woo) était une chance inestimable pour la qualité des scènes de combats.
La post-production
La post-production: après les problèmes rencontrés durant le tournage, elle connait elle aussi des difficultés. Au bout de quelques semaines, David Wu (chef monteur Hongkongais de John Woo) quitte le projet pour rallier d'autres engagements.
Sébastien Prangère (jeune monteur français) reprend les rennes. Une tâche difficile: il a fallu suivre le rythme donné au film par David Wu, qui allait contre le rythme naturel des plans.
Enfin, le retard de la sortie du "Pacte des Loups" est allongé par la mise en oeuvre d'une nouvelle technique: l'étalonnage numérique.
Elle permet de conserver toutes les couches de couleurs sur l'image après l'incrustation des effets de synthèse, puisque le film est tiré directement sur support numérique avant d'être transposé sur la bobine de pellicule destinée aux copies.
Toutes ces avaries cumulées portent à plus de 50 millions de Francs le dépassement du budget initial. Un budget pharaonique, dû en partie aux effets spéciaux pour donner vie à la Bête du Gévaudan.