Les Frères Grimm
Réalisateur : Terry Gilliam

Genre : Fantastique, Aventure

Date : 05 octobre 2005

Durée : 1 h 59

Origine : Américain

Distribution : Metropolitan FilmExport, Dimension Films

Titre original : Brothers Grimm

Résumé

L'univers des Grimm

Acteurs :

Matt Damon : Wilhelm Grimm

Heath Ledger : Jacob Grimm

Monica Bellucci : La reine du miroir

Jonathan Pryce : Le général Delatombe

Lena Heady : Angelika

Peter Stormare : Cavaldi

Roger Ashton-Griffiths : le Maire

Petr Ratimec : Wilhelm enfant

Jeremy Robson : Jacob enfant

Barbara Lukesova : Mme Grimm

Directeur Photo : Newton Thomas Sigel

Musique :

Chef Décorateur : Guy Hendrix Dyas

Chef monteur : Lesley Walker

Costumes :

Carlo Poggioli

Terry Gilliam

Tony Grisoni

Gabriella Pescucci

Animation et effets visuels : Kent Houston

Cascadeurs :

Mario Luraschi

Pascal Madura

Jiri Kuba

Scénario : Ehren Kruger

Producteur :

Charles Roven

Daniel Bobker

Production :

Mosaic Media Group

Dimension Films

Metro Goldwyn Mayer, MGM

Producteur executif :

John D. Schofield

Chris McGurk

Bob Weinstein

Jonathan Gordon

Andrew Rona

Producteur associé : Mishka Cheyko

Coproducteur :

Jake Myers

Michael Solinger

Réalisateur de 2nd equipe : Michele Soavi

Lieux de tournage : Prague, Republique Tchèque.

Budget : 75 million de $

Site officiel : France : http://www.lesfreresgrimm.com/

Récompenses :

 Résumé :
A l’aube du XIXe siècle, les frères Grimm étaient connus dans toutes les campagnes pour être les seuls capables de vaincre les esprits maléfiques et les créatures en tous genres qui épouvantaient les villages. Leur lucrative entreprise cachait cependant un petit secret : Jacob et Will se contentaient de combattre les monstres diaboliques que leurs complices animaient grâce à d’ingénieux trucages et d’impressionnantes mises en scène...

Lorsque les autorités les obligent à se rendre à Marbaden, l’enjeu est tout autre. Le hameau vit dans la terreur absolue depuis que ses petites filles sont enlevées les unes après les autres. Cette fois, les frères Grimm n’ont pas affaire à une illusion. Avec la très belle Angelika, ils vont découvrir que la forêt lugubre renferme un terrible secret, un monde de magie et de sortilèges peuplé des plus incroyables créatures. Pour percer le mystère et rompre la malédiction, Jacob et Will vont devoir affronter vraiment ce que le monde entier prendra bien plus tard pour des contes et des légendes...

L'univers des Grimm

Et si ce n'était pas un rêve

Au dela de l'histoire se cache un monde

Frère et Associés faceà l'impossible

Depasses, Fascines, Terrifies, Enchantes :

Un univers aux confins de l'imagination

Les Frères Grimm : repères biographiques

Et si ce n'était pas un rêve

Il était une fois deux frères, Will le cynique et Jacob le rêveur. Ils parcouraient le pays en consignant tous les contes de fées et les légendes, des histoires où se mêlaient aventure, danger, mystère et sortilèges, où le merveilleux côtoyait le terrifiant, où des héros magnifiques, des monstres hideux, surgissaient de partout pour raconter bien plus que la vie... Les frères Grimm nous ont offert certains des contes les plus fantastiques et les plus célèbres du monde, à la fois doux rêves et redoutables cauchemars.
Bien sûr, les contes des frères Grimm ne sont que pure imagination, simples mais remarquables histoires destinées à divertir. Pourtant, certains s’obstinent à croire qu’il y a des aventures qui ne s’imaginent pas, que personne n’est assez fort pour les concevoir, à moins d’y avoir participé... Bien sûr, ceux-là ont tort. Toutes ces choses ne peuvent exister. A moins que...
Imaginons un instant que ces deux conteurs de génie n’aient pas imaginé leurs fascinantes histoires, mais qu’ils les aient vécues...
Terry Gilliam, le cinéaste visionnaire à qui l’on doit BRAZIL, L’ARMEE DES DOUZE SINGES et FISHER KING, crée ici l’histoire imaginaire des deux frères, confrontés à une malédiction où les histoires les plus fantastiques sont devenues réalité. Mélangeant comédie, fantastique, horreur, humour et romance dans une quête épique, le réalisateur s’est inspiré des plus célèbres contes du monde pour nous en offrir un à sa façon.
Terry Gilliam confie : «Les contes de fées sont exactement le genre d’univers que j’aime, une rencontre avec l’imaginaire et l’extraordinaire. C’est pour cela que j’ai voulu faire LES FRERES GRIMM. Nous avons fini par obtenir un scénario auquel je croyais vraiment. L’idée était de donner vie à ces événements étranges et fabuleux venus des contes de fées, de les inscrire dans une réalité, quitte à prendre le pas sur elle...»

Au-delà de l'histoire se cache un monde

Dès le départ, Terry Gilliam a choisi de dépasser les éléments connus de la vie des frères Grimm et de s’affranchir des faits pour créer une aventure inspirée par leurs histoires, remarquablement intelligentes, effrayantes et toujours passionnantes. Il explique : «Nous devons beaucoup aux vrais frères Grimm pour ce film, mais nous ne parlons pas de leur vie telle qu’elle a été dans la réalité. Nous avons plutôt créé un conte de fées autour d’eux. Ils en deviennent les personnages... Ils apparaissent d’abord comme des hommes héroïques qui voyagent de village en village pour débarrasser les habitants des trolls, lutins, sorcières et de tous les genres de cauchemars fantastiques... Nous découvrons rapidement qu’ils ont en fait monté une arnaque ! Tout est une mise en scène. L’armée de Napoléon, qui a envahi l’Allemagne à cette époque, essaie de prendre au piège les frères et d’éliminer les gens de leur espèce. Mais ils se retrouvent dans un monde semblable aux histoires qu’ils ont recueillies au fil de leurs pérégrinations. En fin de compte, les contes de fées sont devenus réels, et la réalité et l’imaginaire sont indissociables.». En hommage à la richesse et au côté macabre de l’héritage des Grimm, Terry Gilliam mélange l’action et des éléments empruntés à leurs contes les plus populaires. Il explique : «Le Petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel, Rapunzel... il y a tout au long du film de multiples références aux contes que le public connaît le mieux. Les Grimm en ont écrit en fait plus de deux cents, mais nous avons voulu rendre hommage à ceux qui parlent le plus à l’imagination des gens.»
Par-dessus tout, c’est l’esprit de ces histoires que le film salue, ce mélange de magie et de malheur, de merveilles et de vengeance, d’enchantements et de maléfices, de plaisir et de frayeur à vous glacer les sangs. Terry Gilliam observe : «De tous temps, les contes de fées ont témoigné de nos craintes et de notre imaginaire le plus sombre, et ils nourrissent aussi notre besoin de croire en une fin heureuse. Ils ont toujours eu pour objectif d’être un peu dangereux et perturbants, pour faire bouger les choses. Peut-être l’idée générale est-elle que si on survit à suffisamment de contes de fées, on est prêt à affronter le monde réel...»
Les vrais frères Grimm étaient convaincus du pouvoir indéniable et de la valeur de divertissement de ces contes. Ils vivaient à une époque tumultueuse, celle de l’Allemagne du XIXe siècle, un temps où les superstitions et les mythes se heurtaient au rationalisme et aux idées modernes. Des changements radicaux se produisaient dans une campagne auparavant éloignée de tout et primitive, envahie désormais par les armées de Napoléon qui amenaient avec elles les convictions basées sur la raison du Siècle des Lumières. Lorsque ces convictions atteignirent un mode de vie basé sur les mythes et les légendes anciennes, le choc fut terrible. C’est ce conflit que Terry Gilliam a voulu retranscrire à l’écran, alors que les frères Grimm se rendent au village de Marbaden, croyant plus aux canulars qu’aux chevaux capables d’avaler des enfants...
Le réalisateur souligne : «Ce qui m’intéressait, c’était le conflit entre les croyances fantastiques et les idées des Lumières - une époque particulièrement rigide parce qu’elle ne croyait plus en rien de mystérieux ni de merveilleux. Nous avons intégré cette dimension à l’histoire. Et le conflit existe encore aujourd’hui...»

Frère et Associés face à l'impossible

Au cœur de l’histoire se trouve également le lien entre les deux frères, un lien fraternel qui tantôt rapproche Will et Jacob, tantôt les éloigne l’un de l’autre. Les deux frères sont radicalement opposés dans leur personnalité et leur approche de la vie. Lorsqu’ils arrivent au village maudit de Marbaden, leur attirance pour la même femme, la belle Angelika, complique encore leurs rapports.
Terry Gilliam observe : «Voici deux frères qui s’aiment vraiment, ce qui ne les empêche pas de se mépriser l’un l’autre sur certains points. Ils ont une relation fraternelle intense, profonde et complexe. Des deux, Will est le charmeur, le beau parleur, il entre dans une pièce, les femmes le regardent et il peut avoir ce qu’il veut. Jake, lui, est plongé dans son monde, les contes de fées, les princesses, et sa quête de l’amour ultime. Et Lena Headey, qui incarne Angelika la chasseuse, est parfaite pour les deux frères.»
Avec LES FRERES GRIMM, Terry Gilliam pouvait plonger dans les profondeurs les plus obscures de sa propre imagination pour donner vie à un univers de ténèbres où l’humour est présent, où se côtoient forêts menaçantes, châteaux mystérieux, loups rôdant dans l’obscurité et insectes grouillants... Il souhaitait donner vie à tout cela avec l’originalité cinématographique et l’inventivité qui le caractérisent. Le concept global était de créer un XIXe siècle réaliste, dans lequel évoluent les Grimm, puis de tordre cette réalité pour la transformer en un monde onirique surréaliste dont ils semblent ne pas pouvoir s’échapper.
Terry Gilliam explique : «Dès le départ, nous avons réalisé que pour que le film ressemble vraiment à un conte de fées, il était impossible de tourner dans une vraie forêt ou dans un vrai village... Rien de l’univers visuel que nous imaginions n’existait. Il allait falloir tout construire en totalité. Nous avons donc pris pour postulat de tout créer, de construire des châteaux et des granges, de fabriquer toute une forêt dans un studio, de dresser des corbeaux et des chevaux, de construire des centaines de maquettes... C’est de loin la production la plus pharaonique que j’aie jamais entreprise !»


L’histoire des FRERES GRIMM commence avec les deux personnages principaux, les deux frères. Will est passé expert dans l’art de l’escroquerie, il est décidé à tout faire pour s’en sortir en ces temps difficiles où l’Allemagne est occupée par les armées napoléoniennes. Jacob, lui, est un rêveur qui croit fermement à la magie, aux fables et aux histoires qui finissent bien. Tous deux vont voir leurs convictions les plus profondes ébranlées par l’histoire qu’ils vont vivre dans le village maudit de Marbaden.

Pour interpréter ces rôles, Terry Gilliam a voulu deux acteurs capables de le surprendre. «Matt Damon et Heath Ledger sont évidemment les piliers sur lesquels repose l’histoire, note-t-il, mais je pensais au départ que Matt jouerait Jacob, parce qu’il a un caractère plus introspectif et plus sensible, et que Heath jouerait Will, parce que c’est lui en général qui joue les héros qui foncent dans le tas. Mais à notre première rencontre, Matt a dit qu’il voulait jouer Will. Je n’étais pas très sûr, mais ensuite Heath est venu me voir pour me dire qu’il aimerait jouer Jacob... C’est là que j’ai réalisé que c’était la meilleure chose à faire, parce que j’aime confier aux acteurs des rôles dans lesquels on n’est pas habitué à les voir, tout retourner sens dessus-dessous. Et ça marche à la perfection, parce qu’ils sont surprenants dans leurs personnages chacun à sa manière, et que l’on n’a jamais vu ni l’un ni l’autre dans de tels rôles.»
Le réalisateur poursuit : «Je n’ai jamais vu personne travailler aussi dur que Matt pour devenir ce personnage, tellement à l’opposé de ce qu’il est humainement et si différent de ceux qu’il incarne d’habitude. Son allure même est complètement différente et j’espère que le public y réagira avec le même enthousiasme que moi !
«On a l’habitude de voir Heath comme un héros plus conventionnel, mais il révèle ici un côté plus nerveux, tout en étant par moments d’un grand calme - un mélange très intrigant. Comme Matt, il a travaillé jusqu’à cerner le personnage à la perfection. Tous les deux ont été très impressionnants.»
Matt Damon a sauté sur l’occasion de travailler avec Terry Gilliam. Il explique : «Je crois que tout acteur, quel qu’il soit, a envie de jouer avec Terry ! Il est si créatif visuellement, et si passionné dans tout ce qu’il fait... Et puis un film tel que celui-ci est une véritable chance, il est rare de se voir proposer un tel projet. C’est une histoire sombre et drôle à la fois, qui ne ressemble à rien de ce que j’ai pu faire par le passé. C’est un conte de fées, bien sûr, mais on pense aussi à une quête spirituelle, un film d’action et d’aventure, un film d’horreur, une comédie, et même à un film d’amour !»
Le personnage imaginaire de Will Grimm, un escroc rusé et cynique qui n’est absolument pas préparé à un monde où les contes de fées sont la réalité, a immédiatement intrigué Matt Damon.
«Will est dans le “business du conte” pour la gloire et le côté financier, observe l’acteur. Il refuse catégoriquement de croire que les forêts peuvent réellement être enchantées. Il persiste à penser qu’il y a une sorte d’escroquerie quelque part, que tout ce qui arrive est truqué – il est lui-même expert dans ce domaine. Ce sera son frère qui l’amènera à réaliser qu’il y a dans le monde des choses qui ne peuvent pas être expliquées, qui sont purement et simplement magiques.»
Matt Damon a aussi été séduit par l’évolution des relations entre les deux frères lorsqu’ils sont confrontés aux événements mystérieux du village de Marbaden. «J’ai moi-même un frère, et j’ai été frappé par la manière dont le scénario offrait un traitement honnête d’une relation entre deux frères, un flux en perpétuelle évolution. C’est vraiment comme cela entre deux frères...»
Pour sceller ce lien, Matt Damon et Heath Ledger ont passé de nombreuses heures ensemble sur le plateau. Damon commente : «Nous avons passé beaucoup de temps à parler et à boire des bières après la journée de travail, parce que c’est le genre de chose qui crée un authentique sentiment fraternel.»
Matt Damon a lu de nombreux ouvrages sur la vie et l’époque des vrais frères Grimm pour se préparer au film, mais il a très vite réalisé que son personnage était éloigné du Wilhelm historique. «Les vrais frères Grimm étaient d’exceptionnels érudits allemands, et aussi de vrais patriotes qui recueillaient ces histoires afin que le peuple allemand puisse être fier de son folklore et refuser l’image de barbarie qu’on leur en donnait. Ils étaient formidables et ont eu beaucoup d’influence. Ils ont travaillé ensemble jusqu’à la fin de leur vie. Mais évidemment, leur autobiographie est bien différente de cette aventure. Ce film s’amuse beaucoup plus et choisit un angle bien plus léger pour les décrire, afin de plonger dans l’essence des contes de fées qui les ont rendus célèbres.»
Tout comme Matt Damon, Heath Ledger a été instantanément séduit par la perspective de travailler avec Terry Gilliam. «J’ai toujours pensé que c’était un esprit brillant, explique l’acteur. Il a élevé ce projet à un niveau supérieur et nous a inspirés. Il a insufflé une excentricité, une audace à tous ceux qui ont travaillé sur le film. Nous nous sommes sentis différents, et c’était très agréable !»
La personnalité de Jacob Grimm était aussi quelque chose de nouveau pour Heath Ledger. Ce conteur nerveux et angoissé découvre que les univers enchantés auxquels il a toujours cru en secret existent bel et bien... «Ce rôle était vraiment une opportunité de sortir de moi-même, confie Heath Ledger. C’est un rôle réjouissant et Terry a su me mettre à l’aise. Je me suis amusé comme jamais.»
Heath Ledger a aussi beaucoup apprécié la relation qu’il a nouée avec Matt Damon. «La manière dont on devient frère avec quelqu’un est un processus vraiment personnel... Nous avons essayé plusieurs manières de nous synchroniser - comment sourire ensemble, comment rire ensemble... Nous nous sommes observés l’un l’autre, nous avons étudié nos singularités, nos gestes. Mais l’idée a toujours été d’avoir quelques similitudes et beaucoup de contrastes ! Il en est souvent ainsi des frères...»
Ce sont les interprétations de Matt Damon et Heath Ledger qui ont donné le ton du film. Jonathan Pryce résume : «Nous avons tous été impressionnés par Matt et Heath. Ils se sont vraiment donnés à leurs rôles, ils ont parfaitement fonctionné ensemble. Ils ont apporté une immense énergie à cet univers déjà hors du commun et ont inspiré tout le monde.»

Depasses, Fascines, Terrifies, Enchantes :

Au cours de leur aventure, Will et Jacob Grimm vont rencontrer toutes sortes de personnages. Hommes politiques aussi ridicules que dangereux, séduisante chasseuse, sorcières effrayantes...
Jonathan Pryce retrouve Terry Gilliam après ses mémorables rôles dans BRAZIL et LES AVENTURES DU BARON DE MUNCHAUSEN. Il est ici le général Delatombe, le gouverneur français qui règne sur la région allemande où les frères Grimm ont jusqu’ici mené avec succès leur carrière de chasseurs de mauvais esprits frauduleux...
Après avoir lu le scénario, Jonathan Pryce était convaincu que cette histoire avait mis le doigt sur ce qui est effrayant, amusant et marquant dans les contes de fées. Un territoire parfait, selon lui, pour Terry Gilliam... Il observe :
«Je crois que tous ceux qui ont pu lire ce scénario ont eu la même opinion : c’était un film idéal pour Terry, parce que naturel pour lui. C’est un film ambitieux avec beaucoup d’inventivité, et il comporte tous les sujets qui ont toujours passionné Terry : la magie, le surnaturel et la notion même d’histoire et de conte de fées. Le film offrait d’innombrables possibilités pour les images que Terry peut créer, mais il était aussi assez différent pour lui parce que c’est l’aventure la plus purement fantastique qu’il ait jamais faite.»
A son incarnation du puissant, cruel et ignoble Delatombe, Jonathan Pryce a apporté sa patte habituelle, sa théâtralité. «Je crois que ce qu’aime Terry en faisant appel à des acteurs comme Peter Stormare et moi, qui venons du théâtre, c’est que nous n’avons pas peur d’en faire beaucoup ! Nous avons confiance en Terry, nous savons qu’il nous ramènera vers lui si nous passons les bornes. Mais ses deux instructions principales sur ce film ont toujours été “plus drôle et plus sombre !”.»
Jonathan Pryce explique : «Mon personnage est un homme guindé qui a quatre intérêts dans la vie : réprimer le peuple, supprimer les gens, trouver un bon repas... et faire la chasse à ces empoisonnants frères Grimm. C’est ce qui va tous les plonger dans la plus incroyable et la plus inattendue des aventures !»
Delatombe est secondé par un homme de main haut en couleur, aussi hilarant qu’odieux : Cavaldi. L’acteur suédois Peter Stormare, qui incarne avec jubilation cet Italien venu de Parme, a entamé sa carrière au théâtre sous la direction d’Ingmar Bergman et a joué dans certains des plus grands succès hollywoodiens de ces dernières années.
Peter Stormare a grandi bercé par les contes de Grimm... Il savait que Terry Gilliam était l’homme qui pouvait leur donner vie comme jamais on ne l’avait fait. Il remarque : «Les vrais contes des frères Grimm possèdent une noirceur que les enfants adorent et redoutent à la fois, et que personne n’a jamais vraiment rendue à l’écran. Terry a cet humour à la Monty Python, insolite et fantastique, sobre, aigu et malin qui, ajouté aux contes de Grimm, donne un mélange savoureux... Je savais que ce serait fascinant de prendre part à la création de ce monde. Et le rôle de Cavaldi est vraiment un pur délice !»
L’acteur poursuit : «J’ai particulièrement aimé que l’histoire parle de gens qui se retrouvent piégés dans les histoires qu’ils racontent, par leurs propres mythes et légendes.» Cavaldi lui-même se retrouvera pris dans les contes enchantés des frères Grimm, malgré sa mission... Il doit en effet leur faire avouer la vérité, grâce à ses instruments aussi maléfiques qu’originaux, une machinerie élaborée avec un certain raffinement dans le sinistre. Peter Stormare a développé une véritable affection pour ce personnage inhabituel qui a construit une chambre des tortures inventive mais assez peu efficace... S’il est un des personnages les plus louches du film, il lui apporte aussi un humour noir réjouissant.
Il explique : «Cavaldi est un personnage formidable parce qu’il a tout d’un être vivant. Il n’est pas uniquement mauvais et il n’est évidemment pas uniquement gentil non plus ! Il peut être drôle, émouvant, il peut aussi être mystérieux ou brutal. Terry dit de lui qu’il est comme le démon qui tourmente et inspire les frères Grimm tout au long de leur quête.»
Le rôle a offert aussi à Stormare la chance de travailler avec Matt Damon et Heath Ledger, ce qu’il décrit comme «un plaisir unique». «J’ai travaillé avec beaucoup de grands acteurs, explique-t-il, mais je n’en ai jamais rencontré qui donne autant d’eux-mêmes que Matt et Heath.»
Matt Damon commente : «Cavaldi est un personnage hilarant. Il est supposé être un redoutable spécialiste de l’interrogatoire venu d’Italie, mais il a en lui beaucoup de peurs. C’est quelqu’un d’à la fois amusant et dangereux, et Peter joue sur cet équilibre avec brio.»
Terry Gilliam ajoute : «Cavaldi est un méchant, mais dans la veine du méchant humoristique, et il se révélera finalement héroïque. La clé était de ne pas le représenter comme trop ridicule parce qu’il n’aurait plus été menaçant, et de ne pas le jouer terrifiant parce qu’il n’aurait alors plus été drôle. Acteur brillant, Peter a aimé ce défi. Il est expansif, théâtral et outré. Et voir jouer Peter et Jonathan Pryce ensemble, c’est quelque chose !»
C’est l’actrice britannique Lena Headey qui incarne Angelika, jeune femme fière, farouche et indépendante au charme de laquelle aucun des deux frères ne peut résister. Terry Gilliam a lui aussi été séduit par ce personnage, une jeune femme belle et solitaire en avance sur son temps. «Elle est en quelque sorte la première femme libérée de son village, explique-t-il. Aucune femme n’a jamais quitté le village avant elle ! Elle est prise entre deux mondes, celui de la raison et du rationalisme et celui des malédictions qui la touchent de près...»
Le réalisateur poursuit : «L’actrice qui allait jouer Angelika devait être non seulement très belle, mais aussi libre et indépendante. Lena lui apporte tout cela, avec une forte présence. C’est aussi un rôle physique parce qu’elle monte à cheval, elle tire à l’arc... Elle doit également avoir cette aura étrange et mystérieuse d’une femme qui refuse de se plier aux règles, à celles des frères Grimm en particulier.»
Lena Headey a particulièrement aimé être cette femme capable d’en remontrer aux hommes - du moins aux frères Grimm. Elle explique : «C’est une fille de la campagne, elle pense que Will et Jacob sont deux idiots venus de la grande ville qui croient qu’ils peuvent débarquer avec leurs manières, leur éducation, et nettoyer tout le surnaturel du coin... Mais la situation va leur échapper...»
Angelika creuse involontairement un fossé entre les frères, qui tombent tous les deux amoureux d’elle. «Je crois que Will et Jacob sont curieux à son propos et qu’elle-même l’est envers eux. Elle éveille quelque chose en chacun d’eux, et ensuite Will et Jacob commencent à voir quelque chose de différent l’un chez l’autre, et cela engendre pas mal de problèmes...»
Lena Headey a été ravie de former un triangle romantique avec Matt Damon et Heath Ledger. «Ils ont tous les deux un charme fou, ça a été très agréable !» confie-t-elle en riant.
«J’ai particulièrement aimé pouvoir franchir les limites de la réalité. C’est formidable de pouvoir s’immerger dans le monde que l’on tenait pour réel quand on était enfant... J’ai lu les contes de Grimm quand j’étais petite, c’est fantastique de pouvoir maintenant en faire partie ! Et à la manière dont Terry Gilliam et son équipe l’ont créé, c’est comme si on voyait un rêve, mais en plus clair, plus drôle... et plus étrange et effrayant.»
C’est Monica Bellucci qui joue le rôle le plus fantastique de tous, celui de la Reine du miroir... Cette reine immortelle vieille de 500 ans ne reculera devant rien pour obtenir la beauté éternelle à laquelle elle aspire depuis si longtemps et qui lui a toujours échappé.
Monica Bellucci confie : «Je n’ai pas pu résister au rôle qu’on me proposait ! J’admire énormément Terry Gilliam, j’ai adoré tous ses films. Celui-ci bénéficie en plus d’un casting extraordinaire, avec deux acteurs aussi forts que drôles, Matt et Heath. Et puis l’histoire se déroule dans un monde fantastique peuplé de monstres, de sorcières et de reines maléfiques...»
L’actrice poursuit : «Il m’a semblé important d’apporter beaucoup de nuances à cette méchante reine. Je ne voulais pas la faire paraître simplement méchante, mais plutôt comme quelqu’un dont le destin a été finalement assez amer...
Elle vit éternellement, mais petit à petit, elle devient de plus en plus vieille et décrépite, et cela a quelque chose de tragique. C’est ce qui m’a vraiment intéressée.
«Malgré sa nature magique, c’est un personnage qui a beaucoup de réalisme. Je crois que nombreuses seraient les femmes capables de se soumettre à un enchantement si elles pouvaient en obtenir la beauté et la jeunesse éternelles... C’est l’une des forces des contes de Grimm : à travers un imaginaire merveilleux se dessine toujours une vérité.»

Un univers aux confins de l'imagination

Pour créer un style visuel qui unisse un réalisme impressionnant et un aspect fantastique et effrayant, Terry Gilliam a décidé de tourner à Prague et dans la campagne de la République tchèque, qui par bien des aspects, n’a pas changé depuis l’époque médiévale. Mais même là, il n’a pas pu trouver la bourgade dont il rêvait pour représenter le village enchanté de Marbaden. Gilliam voulait tout un univers d’imagerie – des miroirs, des labyrinthes, des apparitions de bêtes extraordinaires, et des effets de clair-obscur... Il fallait que Marbaden soit un endroit résolument différent du reste du monde.
C’est à Guy Dyas, chef décorateur de X-MEN 2, qu’il a demandé de construire entièrement le village de 25 maisons. Gilliam et Dyas ont développé une esthétique visuelle inspirée de l’imagerie fantastique noyée d’ombres de l’expressionnisme du XIXe siècle et des gravures à l’encre en noir et blanc, somptueusement détaillées, illustrant les livres de contes. Gilliam a aussi voulu tirer pleinement parti des bizarreries de la nature. «Il suffit de regarder le monde réel pour y voir des choses étranges, observe-t-il. Certains arbres sont bizarres, voire terrifiants. On n’a pas besoin de tout inventer, parfois il suffit de regarder ce qui existe dans la nature. Le style visuel de ce film a été une recherche d’équilibre entre l’artistique et le naturel.»
La tâche qui attendait Dyas était colossale. Il a fallu construire toute une ville allemande du XIXe siècle, avec son église, sa boulangerie, ses ponts, ses écuries et ses ruelles, et une forêt enchantée avec rochers, ruisseau et arbres menaçants, le tout dans des studios de cinéma. «Nous n’avions pas le choix, fait-il remarquer. Nous n’aurions jamais pu trouver un village comme celui que nous avons créé. Et puis construire l’ensemble, tout fabriquer en partant de zéro nous permettait d’aller aussi loin que nous le voulions.»
Pour Dyas, travailler avec Terry Gilliam a été le point culminant d’un rêve.
«Je me souviendrai toujours de l’impact qu’a eu sur moi BRAZIL lorsque je l’ai vu pour la première fois. C’était un chef-d’œuvre visuel, il m’a ouvert les yeux sur les possibilités de la création de décors. J’ai toujours su que travailler avec Terry serait une expérience incroyable.»
Le chef décorateur a passé plus d’un an à développer ses idées, à travailler sur d’innombrables esquisses et dessins préliminaires. Il a commencé par se plonger dans les contes de fées des frères Grimm, les lisant les uns après les autres. Il a voyagé à travers l’âge d’or de l’illustration des contes de fées, à l’époque où les artistes utilisaient la lumière, les ombres et une imagination vivace pour créer des images inoubliables des univers fantastiques des Grimm...
Inspiré par ses émotions et les splendides dessins du passé, Guy Dyas a commencé par dessiner les décors les plus importants du film. Outre le village de Marbaden, il a dessiné des lieux inhabituels comme la chambre des tortures de Delatombe, la tour de Charot semblable à celle de Rapunzel, et le chariot de Cavaldi.
Pour construire les décors, le chef décorateur et le réalisateur ont parcouru la campagne tchèque à la recherche de vieux bois pour les maisons du village. La production a aussi fait venir par remorque 700 arbres pour les replanter dans un studio, créant ainsi une vraie-fausse forêt impressionnante dans laquelle l’équipe pouvait faire le travail d’éclairage et de caméra comme cela n’aurait jamais été possible dans la réalité. «Je suis obsédé par les textures, les finitions, les détails, précise Gilliam, et Guy est brillant dans ce domaine.»
Le village et la forêt ont été construits en plusieurs semaines de travail intense dans le backlot des studios de Barrandov. Se tournant vers les méthodes de construction traditionnelles, Dyas et Gilliam ont fait appel à des maçons, charpentiers, couvreurs en chaume, et sculpteurs sur bois pour ajouter au sentiment d’authenticité des décors.
En dehors des studios, la production a tourné dans plusieurs endroits de la République tchèque, notamment au château de Krivoklat dans le centre de la Bohème, une tour royale imposante du XIIe siècle considérée comme l’un des plus anciens et des plus importants châteaux de ce pays sur le plan historique. L’équipe a aussi tourné dans les villes fortifiées de Kacina, Kutna Hora et Ledec.
«La République tchèque était vraiment l’endroit parfait pour y tourner ce film, explique Guy Dyas. Ce ne sont pas tant les lieux eux-mêmes que l’inspiration constante qu’ils nous apportaient. Marcher dans Prague sous la neige, admirer son architecture si particulière nous donnait l’impression d’avoir remonté le temps, et ce sentiment a nourri notre travail.»
Pour les acteurs, le décor est devenu une source d’inspiration. Matt Damon explique : «Quand vous vous retrouvez dans les décors de Guy Dyas, vous êtes immédiatement dans un autre monde. Ils sont très grands, et très impressionnants. Ils vous transportent ailleurs pour de bon.»
Les costumes font partie intégrante de ce monde surnaturel. Extravagants, riches de détails, ils ont été créés par la chef costumière oscarisée Gabriella Pescucci, à qui l’on doit ceux du TEMPS DE L’INNOCENCE, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, VAN HELSING, et par le chef costumier Carlo Poggioli, auteur de ceux de VAN HELSING. Le duo de costumiers avait déjà créé pour Terry Gilliam les costumes cités à l’Oscar des AVENTURES DU BARON DE MUNCHAUSEN. Les costumes qu’ils ont imaginés pour LES FRERES GRIMM vont des tenues masculines authentiques de l’Allemagne du XIXe siècle aux costumes des paysans, en passant par des créations de pure fantaisie comme la robe rouge sang de Monica Bellucci. C’est Newton Thomas Sigel, qui avait déjà éclairé USUAL SUSPECTS et
LES ROIS DU DESERT, qui s’est chargé de la photo envoûtante du film. Et Dario Marianelli lui a offert une musique inspirée par le folklore qui lui apporte magie et mystère.
Si Terry Gilliam a voulu créer à l’écran un voyage magique, esthétique et musical, une impression de rêve et de cauchemar, il souhaitait cependant laisser la plus grande place à l’imagination des spectateurs. «J’ai toujours pensé quand je faisais un film que 90 % de ce que l’on voit doit rester dans l’ombre pour que le public fasse marcher son imagination. Le travail des acteurs et de l’équipe technique est de fournir des pistes, des suggestions, et de laisser les spectateurs remplir le reste. Je veux que le public trouve sa voie, son rythme, qu’il soit vraiment effrayé et ému. Moins on en montre et plus on suggère, mieux c’est.»
Cette même philosophie a concerné les effets spéciaux du film. 750 plans en comportent. Kent Houston, superviseur des effets visuels, explique :
«Le travail de l’équipe des effets visuels a été de donner vie à toutes les idées que l’on ne pouvait pas réaliser physiquement – faire marcher les arbres, transformer les loups en hommes des bois, manipuler les corbeaux, faire avaler un enfant à un cheval, ou rajeunir Monica Bellucci de 500 à 25 ans, par exemple.»
L’élément le plus difficile à réussir a été le loup. «C’est un film sur des forêts enchantées, il devait y avoir un loup !» s’exclame Terry Gilliam.
Kent Houston précise : «Notre loup n’est pas vraiment calqué sur l’animal sauvage que l’on connaît tous, c’est une bête très spéciale, avec ses propres caractéristiques, des détails qui ont demandé beaucoup d’ingéniosité.»
Kent Houston a étroitement collaboré avec Terry Gilliam durant tout le film pour rester au plus près de la vision du réalisateur. «Notre principal objectif a été de réaliser aussi pleinement que possible les folles images que Terry avait en tête, en utilisant toutes les techniques disponibles pour créer un monde dans lequel le public aura envie de s’aventurer.»

Les Frères Grimm : repères biographiques

Depuis plus d’un siècle et demi, Jacob et Wilhelm Grimm sont mondialement connus pour leurs contes qui, renforcés d’innombrables adaptations, sont devenus des références de l’imaginaire humain. Traduites en plus de 160 langues - un record absolu - leurs fascinantes œuvres ont enflammé l’imagination et servi d’inspiration à des générations de lecteurs et de créateurs. Enchanteurs et terrifiants, imaginatifs et initiatiques, leurs deux cents contes constituent littéralement les canons du genre.
On leur doit entre autres Cendrillon, Hansel et Gretel, Blanche Neige, La Belle au Bois Dormant, Le Petit Chaperon rouge, Le Malin Petit Tailleur, Le Diable et sa Grand-mère, Tom Pouce, L’Oie d’Or, Le Pauvre et le Riche, Le Petit Ane, Le Petit Poucet et Barbe Bleue, pour ne citer que les plus célèbres.
Jacob et Wilhelm Grimm naissent tous les deux en Allemagne dans le village d’Hanau, situé à 20 km à l’est de Francfort. Jacob vient au monde le 4 janvier 1785 et Wilhelm à peine plus d’un an plus tard, le 24 février 1786. Une enfance assez isolée les rapproche et c’est ensemble qu’ils entament leurs études à l’université de Marbourg. Jacob, l’aîné, s’oriente dès le départ vers l’étude et l’analyse de la langue allemande, il se passionne pour la littérature médiévale et la linguistique. Wilhelm, lui, étudie les contes et récits traditionnels. En 1811, Jacob publie son recueil sur la Poésie des Maîtres chanteurs. C’est durant cette période que les deux frères commencent vraiment à donner corps à leur passion commune, en collectant et consignant la plupart des contes et légendes populaires d’Allemagne. Leur première ambition est d’immortaliser ceux qui ne se transmettent souvent que par tradition orale. Ils rencontrent, écoutent, consignent et accumulent une documentation unique. Entre 1812 et 1829, ils publient ce qui servira de base à leur œuvre, Contes pour les Enfants et les Parents.
En 1830, les deux frères trouvent un emploi à université de Göttingen, Jacob comme enseignant et Wilhelm comme bibliothécaire. En 1835, Jacob publie un imposant traité sur la mythologie allemande. Ils quitteront l’université pour désaccord avec son conseil et rejoindront en 1841 celle de Frédéric Guillaume IV de Prusse qui les a invités à Berlin. Ils y demeureront jusqu’à leur fin.
En 1857, ils publieront une nouvelle édition de leurs Contes pour les Enfants et les Parents qui, agrémentée de textes nouveaux et de modifications sensibles, deviendra le célébrissime recueil des Contes de Grimm.
Même si la renommée de leur œuvre fictionnelle est immense, elle ne doit pas faire oublier que Jacob est aussi l’auteur d’un pensum sur la Grammaire Allemande qu’il publie entre 1819 et 1837. Cet ouvrage reste une référence dans l’étude de la langue et, par ses méthodes d’étude révolutionnaire, a contribué également à l’analyse et la compréhension de nombreuses langues mortes. Il a également publié une Histoire de la langue allemande en 1848, puis un ouvrage sur les anciens dialectes germaniques en 1851 et, avec son frère, le premier volume du monumental Dictionnaire Allemand qu’ils ne pourront malheureusement pas achever eux-mêmes.
Wilhelm s’éteint le 16 décembre 1859 à 73 ans et Jacob quatre ans plus tard, le 20 septembre 1863, à 78 ans.
Qu’il s’agisse de littérature populaire ou universitaire, les deux frères laissent un héritage exceptionnel.