Préserver l'effet
de surprise...
Signes reposant notamment, comme Sixième Sens et Incassable sur l'effet
de surprise et le suspense, M. Night Shyamalan a tenu à demander
aux journalistes de ne pas trop en dévoiler sur son nouvel opus.
Le dossier de presse du film s'ouvre ainsi sur un message du cinéaste
:
"Nous avons tous crée ce film avec l'idée de surprendre,
de distraire et d'émouvoir. Signes est un voyage qui repose en
grande partie sur la surprise. Les acteurs, les techniciens, tous ceux
qui se sont investisdans ce film ainsi que moi-même vous serions
infiniment reconnaissants de ne pas dévoiler les éléments
autres que ceux contenus dans ce dossier de presse. Pour le plaisir de
ceux qui découvriront Signes, je vous remercie sincèrement".
M. Night Shyamalan
Les crop circles : des signes au coeur des champ
Apparu au début des années cinquante, le terme crop circles
recouvre les signes et dessins mystérieux (plus de cinq mille à
ce jour) découverts au centre de nombreux champs (le plus souvent
de blé) à travers le monde (notamment dans le sud-ouest
de l'Angleterre), très souvent autour des concentration de sites
mégalithiques (Stonehenge par exemple). Au début des années
quatre-vingt, le phénomène commence à intriguer la
communauté scientifique....
Si certains de ces cercles et figures géométriques sont
l'oeuvre d'artistes (land art) qui en revendiquent la paternité,
l'origine de nombreux autres demeurent inexpliquée et laisse planer
un mystère. Pour certains, c'est assurément un canular.
Pour d'autres, des signes venus d'ailleurs...
Aujourd'hui, plus de 30 % des crop circles n'ont toujours pas trouvé
d'explications scientifiques. Ils présentent les caractéristiques
suivantes :
# leur complexité suggère l'utilisation d'un appareillage
repérable. Or, personne aux alentours n'a rien vu ou entendu.
# leur taille suppose qu'ils n'ont pu être dessinés en une
seule nuit.
# les plantes ne sont pas coupées mais pliées, et sont orientées
en plusieurs couches entrelacées comme si elles étaient
"tissées".
# la figure dégage à partir de ses contours une radioactivité
supérieure à la moyenne.
# les plants touchées par la figure ont subi des modifications
biologiques (résistance aux parasites, croissance accélérée...)
# on note une absence d'insectes autour de la figure.
# certains visiteurs sur le site ressentent nausées et malaises.
# des clichés pris sur place laissent apparaître ombres et
tâches lumineuses invisibles à l'oeil nu.
# certains matériels électroniques tombent en panne aux
abords de la figure.
"J'éprouve une véritable fascination pour ce sujet",
explique M. Night Shyamalan. Il m'interpelle. Mais dans ce film, ces phénomènes
ne sont que le début, le premier signe. C'est à partir de
leur apparition que commence vraiment l'histoire. "Beaucoup de choses
ont été dites sur les crop circles. On a prétendu
qu'il s'agissait d'une blague planétaire ou de repères géographiques
pour les extraterrestres. Personne n'a la réponse pour le moment
et le mystère est là. L'idée de Night était
de confronter ces phénomènes à un homme qui affronte
ses propres démons".
Créer des crop circles...
Le tournage de Signes s'est déroulé en Pennsylvanie, dans
la région du comté de Bucks. La ferme et ses dépendances
ont été construites au Delaware Valley College, aux abords
d'un champ assez photogénique aux yeux de M. Night Shyamalan, susceptible
d'accueillir les crop circles du film.
En effet, le cinéaste a tenu à filmer et créer de
véritables crop circles (sans faire appel aux effets spéciaux),
dessinés par une équipe de paysagistes selon les méthodes
utilisées par les artistes / mystificateurs. James Breen, membre
de l'équipe, explique : "nous avions vu dans des reportages
que les mystificateurs utilisaient des cordes, une échelle et des
planches. Nous avons fait exactement pareil. Au centre de la zone, on
dresse l'échelle ; de son sommet, on tend la corde au rayon voulu
pour définir le périmètre, puis avec des planches,
on couche le maïs en avançant comme la trotteuse d'une montre.
Notre crop circle faisait environ soixante-dix mètres de diamètre.
Nous avons souffert physiquement parce qu'il faut beaucoup de force pour
plier un pied de maïs, et nous en avons plié des milliers".
Bien que la grande majorité des crop circles aient été
découverts dans des champs de blé, c'est le maïs qui
a été choisi par l'équipe du film. "Bien que
les crop circles dans le maïs soient très rares, nous avons
décidé d'en semer. C'était la seule plante qui nous
permettait de prévoir à quelle date elle serait à
maturité pour tourner et qui permettait aux équipes de se
mouvoir dans le champ sans laisser de traces", confie M. Night Shyamalan.
Durant la pré-production du film, des plans de maïs ont été
plantés à diverses périodes, pour permettre à
l'équipe d'avoir à sa disposition des plantations de divers
âges, afin de simuler le cours des saisons et du temps.
Secret et mystère autour du projet
A la manière de Sixième Sens et Incassable, peu d'éléments
autour de Signes ont été dévoilés. Annoncé
à la fin du printemps 2001, le projet a été gardé
au secret. Seul le thème du film, l'apparition de crop circles
dans les champs de Pennsylvanie, a été divulgué au
cours de la production du film.
Le sens du titre
"Le sens du titre est double", confie M. Night Shyamalan. "Il
fait bien sûr allusion aux crop circles, mais il concerne aussi
tous les éléments du quotidien qui interpellent la foi.
Le film parle aussi de la façon d'aborder les hasards et toutes
les choses qui surviennent. Graham ( Mel Gibson) avait la foi, il l'a
perdue. Il a changé de camp. En le regardant évoluer, en
l'écoutant parler avec Merrill ( Joaquin Phoenix), chacun se demandera
lui aussi à quel camp il appartient. C'est une notion qui dépasse
de loin le spectacle. C'est une vraie question qui relève de l'intime.
Elle définit notre approche du monde".
L'importance de la préparation
Pour M. Night Shyamalan, la pré-production d'un film est un aspect
essentiel du processus créatif : écriture, préparation,
tournage, production, post-production et montage, il aime se pencher sur
tous les aspects d'un projet et envisage le film dans sa globalité.
"J'ai une vision assez précise de ce que je souhaite, mais
les détails sont toujours mis au point en cours de route ; le story-board
m'aide à finaliser l'image avant même de tourner", explique-t-il.
"C'est aussi pour moi une façon de commencer à travailler
sur la direction d'acteurs et même sur le montage. Au moment du
tournage, je peux pouvoir me concentrer sur la scène, et pas me
demander si on la gardera ou non. Quand je tourne, je ne me couvre pas,
je ne multiplie pas les plans et les prises pour choisir ensuite. A mon
sens, ces choix doivent être faits avant. Tout ce que l'on décide
de tourner sera utilisé. Ce travail en amont offre l'avantage de
ne pas épuiser les acteurs en prises inutiles. Ils savent que ce
qu'ils jouent servira, alors ils se donnent à fond. Ils ne dispersent
pas leur énergie dans des plans perdus".
La méthode Shyamalan
Mel Gibson revient sur la méthode de mise en scène de M.
Night Shyamalan : "Avec autant de douceur que de détermination,
Night vous pousse à donner tout ce que vous avez. Ses histoires
sont faites pour cela, ils vous dirige pour cela. Lorsque quelque chose
sonne faux, il le refuse. Il n'hésite pas. J'aime cette façon
d'aborder le jeu. Il vous aide à aller au bout des choses. Il m'a
incité à devenir plus dense, à me montrer minimaliste
dans le jeu et aussi intense que possible dans l'attitude. Finalement,
pour moi, c'était comme si je retournais au conservatoire".
Mel Gibson / Graham Hess : crise de foi
Après avoir dirigé son "acteur fétiche"
Bruce Willis dans Sixième Sens et Incassable, M. Night Shyamalan
a fait appel à Mel Gibson pour le rôle principal de Signes.
Initialement destiné à un comédien plus âgé,
le rôle a été réécrit pour le comédien,
dès qu'il eût manifesté son intérêt pour
le projet.
"Graham Hess est un homme raisonnable", confie Mel Gibson.
"La tragédie qu'il vient de vivre (la mort de sa femme) a
remis en cause beaucoup de choses. Il est ébranlé dans sa
vie mais aussi au-delà, dans sa foi. N'importe quelle personne
découvrant des crop circles près de chez elle se poserait
des questions, mais en l'occurrence, la situation personnelle de Graham
l'entraîne encore plus loin. C'est un rôle complexe, définitivement
humain. J'incarne un homme vulnérable qui a plus d'espoirs que
de certitudes. Pour moi, c'est d'abord un film sur la foi au sens premier
du terme. En quoi croyons-nous ? C'est une question que nous renvoie Signes".
Et l'acteur d'ajouter : "Je n'ai jamais joué quoi que ce soit
d'équivalent auparavant. Le rôle va bien au-delà du
simple travail de comédien".
Et M. Night Shyamalan de conclure : "Mel est simplement parfait
dans ce rôle. Il n'est ni un héros ni un surhomme. C'est
un père à plusieurs sens, confronté à quelque
chose qui va l'obliger à aller au bout de lui-même et de
ses croyances".
Joaquin Phoenix remplace Mark Ruffalo
Engagé pour le rôle de Merrill Hess dans Signes, Mark Ruffalo
a dû abandonner le projet quelques semaines avant le début
du tournage, afin de subir une légère intervention chirurgicale
à l'oreille pour l'ablation d'un kyste. Joaquin Phoenix le remplaça
au pied levé.
Shyamalan et l'enfance
Le monde de l'enfance intéresse énormément M. Night
Shyamalan. Dans Signes, il met à nouveau en scène deux jeunes
enfants, plongés au coeur du mystère des crop circles. Après
Haley Joel Osment (Sixième Sens) et Spencer Treat Clark (Incassable),
il dirige ici Kieran Culkin et Abigail Breslin (dans son premier rôle).
Shyamalan se met en scène
A la manière d'Alfred Hitchcock, comme dans ses deux précédents
longs métrages, M. Night Shyamalan fait dans Signes une petite
apparition clin d'oeil, mais cette fois-ci dans un rôle à
la résonance plus importante : celui de Ray Reddy, un personnage
essentiel à l'intrigue...
"Ce n'est pas un rôle très long à l'image, mais
il est important", confie le cinéaste. "J'avais une peur
bleue, mais comme à chaque fois que quelque chose m'effraie, je
veux le faire. Jouer face à Mel Gibson est intimidant, mais il
s'est montré généreux et sécurisant".
Une expérience positive également pour le comédien
: "L'expérience était étonnante. En tant que
réalisateur, Night sait toujours ce qu'il veut, il écoute,
encourage, motive avec beaucoup d'humanité. Le retrouver soudain
acteur, plus vulnérable, donnait vraiment envie de l'appuyer. Il
s'est montré surprenant. On a travaillé quelques prises,
la cinquième était parfaite".
Quadruple casquette pour Shyamalan
Comme pour Incassable et Praying with Anger, M. Night Shyamalan multiplie
les postes et coiffe quatre casquettes sur Signes. Réalisateur
et scénariste, il est également producteur du film et s'est
offert un petit rôle devant la caméra.
Shyamalan et le surnaturel
Avec Signes, M. Night Shyamalan poursuit son exploration du surnaturel
et du paranormal, thèmes qu'il avait déjà abordés
à travers les fantômes de Sixième Sens et le super-héros
d' Incassable. "Ces phénomènes, qu'ils soient paranormaux
ou fantastiques, sont toujours là pour révéler l'aspect
humain des protagonistes", explique le cinéaste. "Les
personnages sont placés face à des situations qui les dépassent
et les poussent à vivre plus, à penser au-delà des
habitudes, à revoir leur vision du monde. Seules les circonstances
exceptionnelles révèlent vraiment les êtres. Tout
n'est qu'une métaphore pour porter les individus à leur
extrême. Alors seulement, ils trouvent la force de faire et de dire".
Un adepte des plans-séquences...
M. Night Shyamalan se distingue par son style visuel très particulier
: le cinéaste apprécie particulièrement les longs
plans, susceptibles de créer une véritable ambiance. Ses
films, dont Signes, se présentent ainsi comme une succession de
longs plans-séquences.
Shyamalan et Philadelphie
M. Night Shyamalan reste très attaché à Philadelphie,
sa ville d'adoption. Pour la quatrième fois après Wide Awake,
Sixième Sens et Incassable, il filme avec Signes dans la région
de Philadelphie et dans l'état de Pennsylvanie.
Shyamalan recrute sa fille
Les dessins de Bo Hess (interprétée par la jeune Abigail
Breslin) sont l'oeuvre de Saleka Shyamalan, la propre fille de M. Night
Shyamalan.
Retrouvailles...
Signes marque les retrouvailles entre M. Night Shyamalan et les producteurs
Sam Mercer (Sixième Sens et Incassable), Kathleen Kennedy et Frank
Marshall (Sixième Sens). Le film marque également la seconde
collaboration entre le cinéaste et le directeur photo Tak Fujimoto
(Sixième Sens), et sa troisième collaboration avec le compositeur
James Newton Howard (Sixième Sens et Incassable).
Eloge à un nouveau surdoué
Depuis Sixième Sens et Incassable, M. Night Shyamalan est considéré
comme l'un des cinéastes majeurs de la nouvelle génération,
et est devenu en moins de trois ans l'un des "chouchous" d'Hollywood.
Selon sa productrice exécutive Kathleen Kennedy, "Night est
un véritable auteur, doublé d'un visionnaire. Il a parfaitement
assimilé l'aspect classique du cinéma et l'utilise d'une
façon totalement inédite. Ses films sont le mariage réussi
d'une tradition et d'un modernisme. Le fait qu'il soit une jeune homme
de 31 ans lui permet aussi d'apporter une sensibilité très
actuelle. Il est significatif de constater qu'après quelques films
seulement, son style soit tellement identifiable. Night adore plonger
le public dans des ambiances. A travers de longs plans, il crée
un climat. Comme l'un de ses modèles, Alfred Hitchcock, Night prend
le temps de semer les indices, de construire les univers, de faire monter
la tension. La réaction du public n'en est que plus intense. Il
sait exciter l'imagination du spectateur et la laisser s'emballer".
"Cropromotion"
Selon certaines rumeurs, la production du film aurait songé à
multiplier les crop circles à travers le monde, afin de promouvoir
la sortie du film. Si les producteurs du film n'ont pas confirmé
ou infirmé cette information et avoir mis en place une telle opération
marketing, de nombreuses apparitions de signes ont accompagné la
sortie du film : ainsi, le nombre de crop circles recensés entre
janvier et juillet 2002 s'élève à 80... dont 16 entre
juin et juillet ! Hasard ou coïncidence, le mystère plane
toujours...
Des "Signes" et des dollars
Attendu comme l'un des événements de l'été
cinématographique 2002, Signes a été accueilli comme
tel sur le sol américain avec 60,1 millions de dollars de recettes
pour son premier week-end à l'affiche. Soit le double de Sixième
Sens et Incassable... Ce démarrage marque les meilleurs débuts
de la carrière de Mel Gibson, et le meilleur départ pour
une production Disney live.
Présenté à Deauville
Signes est présenté en avant-première au Festival
du Cinéma Américain de Deauville 2002.
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