Retour vers le Futur
Réalisateur : Robert Zemeckis

Genre : Science-Fiction, Aventure, Comédie

Date : 23 Octobre 1985

Durée : 1 h 56

Origine : Américain

Titre Original : Back to the Future

Distribution : CIC

 

Voir la fiche du film :

Retour vers le futur II

Retour vers le futur III

 

Résumé | Note production | Acteurs | Scénario | Producteur | Site Officiel | Récompenses | Lieux | Budget

Acteurs :

Michael J. Fox : Martin 'Marty' McFly
Christopher Lloyd : Doc Emmett L. Brown
Lea Thompson : Lorraine Baines-McFly
Crispin Glover : George McFly
Thomas F. Wilson : Biff Tannen
Claudia Wells : Jennifer Parker
Marc McClure : Dave McFly
Wendie Jo Sperber : Linda McFly
George DiCenzo : Sam Baines
Frances Lee McCain : Stella Baines
James Tolkan : M. Strickland, le CPE
J.J. Cohen : Skinhead
Casey Siemaszko : 3-D
Billy Zane : Match
Harry Waters Jr:. Marvin Berry
Donald Fullilove : Goldie Wilson
Lisa Freeman : Babs
Cristen Kauffman : Betty
Elsa Raven : la dame de l'horloge
Will Hare : Pa Peabody
Ivy Bethune : Ma Peabody
Jason Marin : Sherman Peabody
Katherine Britton : la fille Peabody
Jason Hervey : Milton Baines
Maia Brewton : Sally Baines
Courtney Gains : Dixon
Richard L. Duran : un terroriste
Jeff O'Haco : le chauffeur du van terroriste
Johnny Green : le garçon au scooter #1
Jamie Abbott : une gamine en scooter #2
Norman Alden : Lou
Reed Morgan : un flic
Gary Riley : un gars #1
Deborah Harmon : la présentatrice des news
Huey Lewis : chansons 'The Power of Love' et 'Back in Time'
Tom Tangen : un étudiant
Christopher Cundey : une copine de classe de Lorraine
Charles L. Campbell : l'annonceur à la radio en 1955
Sachi Parker : les badauds #1
Robert Krantz : les badauds #2
Karen Petrasek : les filles
George 'Buck' Flower : Red the Bum
Tommy Thomas : Starlighter
Granville 'Danny' Young : Starlighter
David Harold Brown : Starlighter
Lloyd L. Tolbert : Starlighter
Paul Hanson : le guitariste des Pinhead
Lee Brownfield : Pinhead
Robert DeLapp : Pinhead
Luq Hamet : Martin 'Marty' McFly (voix française)

Directeur Photo :

Dean Cundey
Don Burgess : directeur photo deuxième équipe

Musique :

Johnny Colla : chansons 'The Power of Love' et 'Back in Time'
Chris Hayes : chansons 'The Power of Love' et 'Back in Time'
Alan Silvestri
Huey Lewis and the News : chansons 'The Power of Love' et 'Back in Time'
Huey Lewis : chansons 'The Power of Love' et 'Back in Time'
Lindsey Buckingham : chanson ' Time Bomb Town'
Eric Clapton : chanson 'Heaven Is One Step Away'
Etta James : chanson 'The Wallflower (Dance with me Henry)'
Michael J. Fox : chanson 'Johnny B. Goode'

Décors : Hal Gausman

Chef décoration : Lawrence G. Paull

Costumes : Deborah Lynn Scott

Montage :

Harry Keramidas
Arthur Schmidt

Effets Spéciaux :

Sam Adams
Richard Chronister
William A. Klinger
Kevin Pike : superviseur
Kimberley Pike
Neil Smith : chef d'équipe
Steve Suits
David Wischnack : chef d'équipe

Casting :

Jane Feinberg
Mike Fenton
Judy Taylor

Direction artistique : Todd Hallowell

Maquillage :

Dorothy Byrne : styliste coiffure
Ken Chase : concepteur maquillages

Son :

Charles L. Campbell : superviseur montage
Larry Carow : monteur son
Samuel C. Crutcher : bruiteur
Janice Hampton : monteur son
Craig Harris : procédés effets sonores
Scott Hecker : monteur son
William B. Kaplan : mixeur production
Kenneth Karman : montage musique
John A. Larsen : monteur son
Daniel J. Leahy : mixeur post-synchro
Harry B. Miller III : monteur son
Robb Navrides : superviseur bruitage: restoration
Chuck Neely : monteur son
Alan L. Nineberg
Sonny Pettijohn : apprenti monteur son
Bruce Richardson : monteur son
John Roesch : artiste Foley
Robert R. Rutledge : superviseur bruitage
Earl Sampson : perchman
Dennis S. Sands : mixeur musique
B. Tennyson Sebastian II : mixeur post-synchro
Larry Singer : superviseur
Fred Stafford : monteur son
Jerry Stanford : monteur son
Robert Thirlwell : mixeur post-synchro
Bill Varney : mixeur post-synchro
Darcy Vebber
Deborah Zimmerman : assistant monteur musique

Scénario :
Robert Zemeckis
Bob Gale 

Producteur :

Neil Canton

Bob Gale

Production :

Amblin Entertainment

Universal Pictures

Producteur executif :

Steven Spielberg

Kathleen Kennedy

Frank Marshall

Assistant réalisation :
Mitchell Bock : premier assistant seconde équipe
Pamela M. Eilerson : second assistant
Frank Marshall : réalisateur seconde équipe
David McGiffert : premier assistant
Concetta Rinaldo-Williams

Lieux de tournage :

Arleta, Los Angeles, Californie, USA.
Burbank, Californie, USA.
Chino, Californie, USA.
City of Industry, Californie, USA.
Golden Oak Ranch, Newhall, Californie, USA.
Hollywood, Los Angeles, Californie, USA.
Los Angeles, Californie, USA.
Newhall, Californie, USA.
Pasadena, Californie, USA.
South Pasadena, Californie, USA.
Victory Boulevard, Burbank, Californie, USA.
Whittier, Californie, USA.

Budget : 19 millions de $

Site officiel : USA : http://www.bttfmovie.com/

Récompenses :

Golden Globe : 1986
Nomination Meilleure comédie ou comédie musicale
Nomination Meilleur acteur dans une comédie ou une comédie musicale : Michael J. Fox
Nomination Meilleur scénario : Robert Zemeckis , Bob Gale

Festival du Film Américain de Deauville : 1985
Avant-premières

| Note production | Acteurs | Scénario | Producteur | Site Officiel | Récompenses | Lieux | Budget

 Résumé :

1985. Le jeune Marty McFly mène une existence anonyme auprès de sa petite amie Jennifer, seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur qui serait ravi de l'expulser du lycée. Ami de l'excentrique professeur Emmett Brown, il l'accompagne un soir tester sa nouvelle expérience : le voyage dans le temps via une DeLorean modifiée. La démonstration tourne mal : des trafiquants d'armes débarquent et assassinent le scientifique. Marty se réfugie dans la voiture et se retrouve transporté en 1955. Là, il empêche malgré lui la rencontre de ses parents, et doit tout faire pour les remettre ensemble, sous peine de ne pouvoir exister...

 Note de la production

La trilogie : Retour vers le Futur

Berceau cinématographique pour un bon nombre de cinéphiles d’aujourd’hui, les années 80 recèlent de bijoux du cinéma de genre comme la trilogie Retour vers le futur. Lorsque le premier épisode sort sur les écrans en 1985, Robert Zemeckis a déjà trois films à son actif, deux comédies (Crazy Day, 1978, et La Grosse Magouille, 1980) et un sous-Indiana Jones (A la poursuite du diamant vert, 1984). Il n’est alors qu’un membre du groupe croissant de protégés de Steven Spielberg (producteur des deux premiers longs métrages de Zemeckis), pour qui le metteur en scène et son partenaire d’écriture Bob Gale ont écrit 1941. C’est dans cette atmosphère propice à la série B fantastique empreinte d’humour, au milieu des Goonies, Gremlins, SOS Fantômes et autres Explorers, que va naître Retour vers le futur, quintessence d’une époque et du cinéma de son auteur. Avec son cocktail de genres, le projet s’inscrit dans la mouvance des œuvres précitées et présente également un échantillon des récurrences esthétiques et thématiques du cinéaste. Derrière ses apparences de produit anodin des eighties, Retour vers le futur continue pourtant de capturer son monde et s’avère un authentique film culte pour toute une génération de spectateurs, cinéphiles ou non. Qu’est-ce qui rend ce film, et plus encore, la trilogie dans son ensemble, si spécial? Très probablement la qualité, tant de la forme que du fond, qui prospecte nombre de thèmes, de la figure paternelle à la question du destin dans cette aventure à travers le temps.

Partout où vous irez, à qui que vous demandiez, on vous répondra qu’on aime Retour vers le futur. Pour certains, c’est l'un des films chéris de leur enfance, pour d’autres, un chef-d’œuvre, mais quel que soit le degré d’appréciation, tout le monde semble aimer la trilogie de Robert Zemeckis. La principale qualité du film est son universalité. L'un des principaux points forts de Steven Spielberg, évidemment producteur exécutif ici, cette faculté de toucher le monde entier transpire à travers tout le récit de Zemeckis et Gale. On a beau le retourner dans tous les sens, le scénario de Retour vers le futur (par ailleurs nommé à l’Oscar) est tout bonnement parfait. Un exemple d’écriture qui allie science-fiction et humour au sein d’une aventure improbable. Choisissant comme point de départ le plus fondateur des paradoxes temporels (si je retourne dans le temps tuer mon géniteur, j’empêche ma naissance mais si je ne nais pas, comment puis-je retourner dans le temps tuer mon géniteur?), les scénaristes en exploitent uniquement la base (mettant de côté le problème impossible à résoudre) de manière à tisser une histoire capable de parler à tout un chacun. Avec pour principal protagoniste un lycéen toujours en retard aspirant à la vie de rockstar, Gale et Zemeckis nous présentent un identifiant idéal, d’autant plus qu’il semble avoir une famille on ne peut plus commune, majoritairement composée de losers (sœur-bigoudis, frère caissier de fast-food, mère alcoolique et obèse et père minable). Qui n’a jamais eu honte de ses parents? Qui n’a jamais rêvé les changer, ne serait-ce qu’un tout petit peu? C’est l’occasion offerte au héros par le film.

C’est en tombant sur un vieil album scolaire de son père que Bob Gale s’est demandé s’il aurait été ami avec son propre père, s'ils avaient été ensemble au lycée. Au début du film, on peut entendre Marty citer une phrase de son père avant de dire "Tu m’entends? Je commence à parler comme mon père". En transportant Marty dans le passé, et en le substituant à son père dans le schéma de rencontre de ses parents, l’histoire opère une habile variation autour du complexe d’Œdipe (selon lequel tout fils souhaite tuer son père pour gagner l’amour exclusif de sa mère), faisant de Marty la cible amoureuse de sa mère, au risque non de tuer son père, mais de se tuer lui-même! Il doit donc faire équipe avec son ringard de père afin de conquérir le cœur de Lorraine, mais dans un premier temps, tous ses efforts se soldent immanquablement par un échec. Marty se réapproprie même la nemesis de George, Biff Tannen. Cette tournure des évènements pourrait s’interpréter comme l’incapacité pour tout fils de se démarquer de son géniteur, explorant toujours plus la teneur psychologique du récit et l’écho quelle trouve chez le spectateur. Par exemple, ce voyage dans le temps et le lien particulier qui le force à se nouer d'amitié avec George permettra à Marty de découvrir que son père, tout comme lui, entretenait également des ambitions artistiques (littéraires pour George) et l’une des conséquences de la victoire de George sur Biff sera justement son épanouissement professionnel. D’ailleurs, une scène coupée, située avant le voyage dans le temps, voyait Marty mettre la maquette de son groupe dans une enveloppe avant de décider de ne pas l’envoyer. C’est pourquoi on le voit porter une enveloppe à la fin du film, lorsqu’il se réveille après ce qu’il croit être un "cauchemar". Un cauchemar qui lui aurait néanmoins fait réaliser que, pour ne pas devenir comme son père, il fallait croire en soi et tenter le coup. Malgré l’absence de cette scène, peut-être trop explicite, l’arc scénaristique demeure bien présent et participe à l’identification du spectateur.

Evidemment, l’idée d’une suite s’est immédiatement imposée et, alors qu’on les néglige, sans les qualifier de séquelles vénales, ce sont ces deux chapitres complémentaires qui viendront enrichir l’univers créé par le premier film et transformer Retour vers le futur en saga à travers le temps. Retour vers le futur II est la première partie d’une suite qui en compte deux, avec de nouveaux enjeux: les malheurs apportés par la machine, le complexe "mauviette" et, surtout, la question de la fatalité. Le voyage dans le temps, comme tout progrès technologique, pose des questions éthiques. Si le côté obscur dans lequel Marty glisse un instant (en achetant l’Almanach des Sports) est totalement absent de la première aventure, il est le principal moteur de la suite de l’histoire. En effet, arrivé en 2015 au début du film, Marty achète un magazine relatant toutes les victoires sportives de 1950 à 2000. Sermonné par Doc, il l’abandonnera, mais il sera malheureusement retrouvé par Biff, alors âgé de 77 ans, qui retournera dans le passé afin de se donner l’Almanach à lui-même, plus jeune de 60 ans, afin de faire de lui un homme riche. Cela, nos héros ne le découvrent que lorsqu’ils reviennent en 1985, un présent qui s’avère être différent de celui qu’ils avaient connu. Aujourd’hui, Biff Tannen est un milliardaire marié à Lorraine, George McFly a été assassiné (par Biff) et Doc Brown est à l’asile. Afin de rectifier les choses et d’éviter cet Enfer sur Terre, Doc et Marty doivent retourner dans le passé. En décidant de ramener les personnages une nouvelle fois en 1955, les auteurs vont développer une thématique de la répétition et du double et lier le tout à la question du destin.

Tout d’abord, il faut revenir un peu en arrière, à l’introduction de ce deuxième épisode, prenant place en 2015. Zemeckis et Gale entament de revisiter les scènes-clé du premier volet avec l’arrivée sur la place de l’Hôtel de Ville, puis la confrontation dans le café (Lou’s Cafe en 1955, Cafe 80 en 2015) qui se termine en poursuite dans la rue (voiture contre chariot transformé en skateboard en 1955, hoverboards en tous genres en 2015). Simple clin d’œil? Non. Ce premier instant "remake" va considérablement approfondir la thématique du premier film. Les histoires de voyage dans le temps sont on ne peut plus adéquates pour aborder le thème du destin, de la fatalité. Déjà, dans le premier tome, le 5 novembre 1955 marquait la date de la rencontre entre Lorraine Baines et George McFly, mais également celle de l’idée du convecteur temporel, survenue à Doc Brown lors de sa chute dans les toilettes ce jour-là. Coïncidence ou date-clé? Le dénouement du film, qui voit Lorraine et George finalement unis malgré l’intervention première de Marty, portait à penser que c’était écrit. D’ailleurs, George ne tente-t-il pas, sur les conseils de Marty, de séduire Lorraine en lui clamant que "le destin m’a réuni à vous" et qu’elle lui avait été "destinée"? En choisissant de reproduire les évènements du précédent opus dans le futur, Zemeckis et Gale nous présentent un exemple de l’Histoire se répétant, comme en réponse à un schéma récidiviste.

Nouvelle coïncidence dans le temps, c’est le 12 novembre 1955, date à laquelle la foudre s’est abattue sur l’horloge de l’Hôtel de Ville (permettant à Marty de repartir en 1985 dans le premier film), que le vieux Biff (de 2015) choisit pour retourner dans le passé afin de se donner l’Almanach à lui-même. Doc s’interrogera même sur ce choix, évoquant la possibilité que la date représente le centre du continuum espace-temps, à moins qu'il ne s’agisse d’une simple coïncidence. En ramenant les protagonistes en 1955, les scénaristes explorent plus avant la complexité de ce volume par le biais d’une mise en abyme. Il y a à présent deux Marty et deux Doc en 1955, un premier duo qui n’est autre que celui du premier film (dont l’objectif et de renvoyer Marty en 1985) et un deuxième duo, celui de Retour vers le futur II (dont l’objectif est de récupérer l’Almanach sans interférer avec le premier duo). Nombre de fois, les deux intrigues vont se téléscoper, perpétuant le thème de la répétition, ou plutôt du double. En effet, par le biais de la révolution technologique des effets spéciaux, on pourra voir à plusieurs reprises le même acteur en deux exemplaires (le vieux Biff face au jeune, le Doc de 1955 et le Doc de 1985, les deux Marty et même Jennifer, la petite amie de Marty, qui tombera nez à nez avec son soi de 2015) voire trois (Michael J. Fox interprétant Marty en 2015 et ses deux enfants, Marty Jr. et Marlene!) dans un même cadre. Outre la réitération de scènes connues, la situation nous permet également d’adopter des points de vues alternatifs sur des moments-clés (Marty et Lorraine dans la voiture, le coup de poing de George, Marty sur scène), explorant l’idée de mise en abyme et de répétition, mais surtout, dans un élan presque expérimental (on pense à la trilogie de Lucas Belvaux), on suit des personnages secondaires dans des scènes qui avaient fait l’œuvre d’ellipses lors du premier film (Biff allant chercher sa voiture au garage). En faisant appel à la connaissance du premier film par le spectateur, Retour vers le futur II noue un lien presque intime avec le public et l'entretiendra à travers la suite, perpétuant la dimension culte de la trilogie.

Avec une exploitation entière et insoupçonnée du potentiel offert par l’univers du premier film, Retour vers le futur II est sans doute le plus riche de la trilogie. Et ce n’est pas encore fini. En extrapolant à partir de la figure paternelle incarnée par George McFly dans le premier film, courbant l’échine devant l’affront, les scénaristes font de Marty quelqu’un qui ne supporte pas d’être traité de "mauviette" (ou d’autre chose, comme d’avoir "les foies" en 1885), jusque dans le Far West de Retour vers le futur III où les pistes introduites par le chapitre II vont évidemment se conclure. Frappé par la foudre après avoir accompli leur mission, Doc est transporté en 1885 tandis que Marty reste coincé en 1955. Il ira trouver le Doc de 1955 afin qu’il l’aide à rentrer en 1985 mais ils découvrent que le Doc de 1985 a été tué par Buford "Molosse" Tannen en 1885. Marty décide alors de partir sauver son ami et le ramener en 1985. Cependant, en intervenant lors d’une kermesse (réminiscence de la Féerie Dansante des Sirènes du premier film, l’histoire se répétant inlassablement), Marty se réapproprie l’ennemi de Doc, Buford Tannen, tout comme il l’avait fait en 1955 avec Biff (autre réminiscence). C’est donc Marty que Tannen défie en duel. Un duel qui va faire réaliser à Marty qu’à trop être orgueilleux, il peut en perdre la vie. De retour en 1985, il refusera le duel proposé par Needles et évitera ainsi un accident qui aurait gâché sa vie. C’est alors que Jennifer sort de sa poche un fax, rapporté du futur, indiquant le renvoi de Marty après qu’il ait accepté une magouille du même Needles, qui l’avait alors défié. L’inscription sur le fax s’efface. Lorsque Jennifer en demandera l’explication à Doc, celui-ci lui affirmera que l’avenir n’est pas écrit, répondant enfin à la question de la fatalité.

 
Revenons au décor choisi par Zemeckis et Gale pour ce troisième chapitre. Il n’est pas innocent dans la mesure où le western implique codes et clichés. C’est à travers la thématique de l’honneur et le stéréotype du duel que les auteurs achèvent l’arc scénaristique du "complexe mauviette". Cela nous amène à l’autre intérêt apporté par l’époque. En bon réalisateur cinéphile qu’il est, Robert Zemeckis se plaît à explorer les genres (Forrest Gump en est un très bon exemple). Retour vers le futur, dont le premier plan est directement inspiré de La Machine à explorer le temps de George Pal et qui contient de nombreuses références à C’était demain de Nicholas Meyer et Safety Last! (classique muet avec Harold Lloyd), se situait au croisement de la science-fiction, de la comédie et du teen movie. Retour vers le futur II préférait s’aventurer dans la veine SF et Retour vers le futur III renvoie aux films de Sergio Leone. Zemeckis rend même directement hommage à deux œuvres du maestro: il y a tout d’abord Pour une poignée de dollars, que Biff regarde lors du 1985 alternatif, avec un Clint Eastwood dont Marty s’approprie le nom et la ruse du gilet pare-balles improvisé; puis Il était une fois dans l’Ouest, auquel Zemeckis subtilise un plan pour le calquer à l’identique (l’arrivée de Marty en ville). Par ailleurs, le film renvoie au contraste entre les westerns américains de John Ford et Howard Hawks et les westerns spaghettis par l’intermédaire des vêtements de Marty, tout d’abord affublé d’une panoplie de cow-boy aux couleurs improbables avant d’être relooké à l’aide d’un poncho dans la plus pure tradition de Blondin. Avec ce film, Zemeckis et Gale évoquent également tout un pan de la littérature fantastique de l’époque, avec de nombreuses références à Jules Verne mais aussi quelques détails matériels (le réfrigérateur créé par Doc, par exemple) avant l’apothéose de la locomotive à voyager dans le temps, marchant à la vapeur, cédant définitivement au monde du steampunk.

Du Petit théâtre de la science-fiction qu’affectionne George McFly aux romans de Jules Verne, c’est toute la nostalgie de l’auteur qui émane de cette trilogie. C’est cette même nostalgie qui enrobe notre souvenir de la saga Retour vers le futur et qui en fait une œuvre à la fois profonde et divertissante, et finalement intemporelle. Pas une ride en bientôt vingt ans d’existence, malgré la présence de chansons de Huey Lewis et de ZZ Top, d’une DeLorean et d’une doudoune sans manches. A l’heure où l’on aimerait voir Robert Zemeckis revenir vers ses premières amours, la trilogie Retour vers le futur demeure, dans son ensemble composé de trois films, plus que n’importe lequel de ses autres métrages, l’authentique chef-d’œuvre de sa filmographie. Aujourd’hui encore, on n’a pas fait meilleur film sur le voyage dans le temps. De par son habile mélange des genres et sa richesse tant thématique que visuelle, il s’agit là d’un modèle exemplaire d’entertainment intelligent, représentatif de ce qui s’est fait de mieux dans ces années-là et pourtant indémodable, ultime film culte d’une époque et de son auteur.

Secret de Tournage

La saga "Retour vers le futur"
Réalisé en 1985, Retour vers le futur est le premier épisode de cette saga inter-temporelle de Robert Zemeckis. Il sera suivi par Retour vers le futur II (1989) et Retour vers le futur III (1990).

Pas de "Retour vers le futur IV"
Pourtant espéré depuis de nombreuses années par les fans, un quatrième épisode estampillé Retour vers le futur ne verra finalement pas le jour. C'est Steven Spielberg lui-même qui a mis un point final à ce débat.

L'idée originale...
L'idée de Retour vers le futur est venue à Robert Zemeckis et Bob Gale alors qu'ils se demandaient comment aurait pu se dérouler leur rencontre avec leurs propres parents. A partir de ce point de départ, ils imaginent les aventures temporelles de Marty McFly. Aventures qui passeront par diverses modifications... Ainsi, par exemple, le voyage dans le temps devait initialement se faire via un réfrigérateur modifié. L'idée fut rapidement abandonnée, les auteurs craignant que les enfants n'essayent de s'enfermer à leurs tours dans leur frigos ...

Michael J. Fox remplace Eric Stoltz
Initialement attaché au film dans le rôle de Marty McFly, Eric Stoltz sera remplacé par Michael J. Fox après quelques jours de tournage : jugé trop vieux, il ne faisait pas assez "adolescent" pour le rôle. Envisagé dès l'origine du projet dans le rôle principal, Michael J. Fox n'avait pu y prendre part, tenu par ses engagements sur la série Family Ties. Il pourra finalement participer à l'aventure Retour vers le futur, le planning de tournage étant fixé en fonction de celui de la série. Une fin heureuse pour le comédien, qui deviendra une véritable star internationale grâce au film de Robert Zemeckis...

Emmett "Doc" Brown, un nom prédestiné
Le prénom du personnage de Emmett "Doc" Brow, l'inventeur de la machine à voyager dans le temps interprété par Christopher Lloyd, est judicieusement choisi. Il correspond au mot "time" ("temps"), mis à l'envers et décomposé en deux syllabes ("Em-It").

Robert Zemeckis retrouve ses comédiens
Outre la saga Retour vers le futur, Robert Zemeckis collaborera à nouveau avec ses deux vedettes : en 1988, il dirige à nouveau Christopher Lloyd dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, puis en 1996, il produit Fantômes contre fantômes avec Michael J. Fox.

Doubles rôles
La majorité des comédiens de Retour vers le futur se sont vus confier un "double rôle", à savoir celui de leur personnage en 1985 et celui de leur personnage plus jeune en 1955. Lea Thompson et Crispin Glover, interprètes des parents de Marty McFly, et Thomas F. Wilson (Biff Tannen) durent ainsi subir de longues séquences de maquillage afin d'être vieillis pour paraître largement plus vieux que Michael J. Fox. Pourtant, Lea Thompson, née en 1961, a le même âge que son "fils", alors que Crispin Glover est de trois ans son cadet !

Premier rôle pour Billy Zane
Vu dans Calme blanc et Titanic notamment, Billy Zane fait ici ses débuts à l'écran, dans le rôle de Match, l'un des voyous du gang de Biff Tannen.

D'un Lloyd à l'autre
La scène dans laquelle "Doc" (Christopher Lloyd) se retrouve accroché à l'une des aiguilles de l'horloge de l'hôtel de ville dans Retour vers le futur renvoie au film muet Monte là-dessus (1923), dans lequel Harold Lloyd se retrouvait dans la même position. Une image également reprise dans le générique de Retour vers le futur, à travers une photo noir et blanc où un homme est suspendu à une horloge.

Une apparition de Huey Lewis
Auteur de certains morceaux musicaux du film (dont le tube Power of love), le célèbre chanteur Huey Lewis fait une apparition au début du film : il interprète le juge du concours de rock, qui trouve la musique de Marty McFly (en réalité son propre tube), "trop assourdissante" !

Quand Marty McFly invente le rock...
Lors de la scène du bal de promotion en 1955, Michael J. Fox (Marty McFly) joue et interprète Johnny B. Goode à la guitare. L'un des musiciens, prénommé Marvin Berry, appelle alors son cousin Chuck (Berry, auteur du véritable Johnny B. Goode en 1958) pour lui faire écouter le morceau et lui conseiller d'utiliser ce nouveau son. L'histoire fera le reste...

"Marty" de Delbert Mann, Oscar 1956
Hasard, coïncidence ou implication de Marty McFly, le film Marty, réalisé en 1955 par Delbert Mann, fut couronné par quatre Oscars l'année suivante, dont celui du Meilleur film.

Changements temporels...
Outre l'histoire principale de la famille McFly, les observateurs les plus attentifs s'amuseront à dénicher tous les petits détails du film ayant subi des modifications entre 1955 et 1985 : changements des titres de journaux, de décors, voire même de destins pour certains personnages. Ainsi, le maire de Hill Valley en 1995 (Red Thomas), deviendra en 1985 le SDF (Red) que Marty croise sur un banc...

De Calvin Klein à Pierre Cardin
En 1955, la future mère de Marty McFly, ignorant son identité, l'appelle Calvin Klein, en se basant sur le nom inscrit sur ses sous-vêtements. Ce nom sera modifié pour diverses versions internationales, le nom de Calvin Klein étant alors peu connu du public. En France, Michael J. Fox sera rebaptisé Pierre Cardin.

La DeLorean : nouvelle machine à voyager dans le temps
La machine à voyager dans le temps de la saga Retour vers le futur est une DeLorean modifiée. Cette voiture, désormais entrée dans la légende du septième art, se distingue notamment par ses portes papillons et sa carrosserie en acier inoxydable non peint.

Créée en 1976, la DeLorean est l'aboutissement du rêve de John Zachary DeLorean, ancien vice-président du groupe Général Motor Company (de 1972 à 1973) qui démissionna rapidement afin de fonder sa propre société automobile et sa propre marque. Il trouvera une oreille favorable en Irlande. En 1981, après plusieurs années de développement et de recherche de partenaires financiers, les premiers modèles voient le jour. Mais les ventes ne sont pas au rendez-vous et la production stagne pendant deux ans. En 1983, John Z. DeLorean est accusé (à tort, il sera innocenté par la suite) de trafic de drogue et de mauvaise utilisation de fonds publics et la DeLorean Motors Company sombrera dans la faillite. A ce jour, seulement 9 000 véhicules (environ) sont sortis des usines DeLorean.

Le tandem Zemeckis / Spielberg
La saga Retour vers le futur marque les retrouvailles du tandem Robert Zemeckis / Steven Spielberg. Leur première collaboration remonte à 1978 avec la comédie Crazy day, écrite et mise en scène par Zemeckis et produite par Spielberg, qui sera suivie par La Grosse magouille en 1980. La même année, Robert Zemeckis signe le scénario de 1941. En 1985, Steven Spielberg produit la série Amazing stories pour laquelle Robert Zemeckis signera un épisode, avant d'enchaîner sur Retour vers le futur dont il produira également les deux suites. Enfin, Steven Spielberg supervise la production de Qui veut la peau de Roger Rabbit ? que réalise Robert Zemeckis en 1988.

Kennedy / Marshall / Spielberg : un trio prolifique
L'équipe de production formée par Kathleen Kennedy, Frank Marshall et Steven Spielberg s'avère être l'une des plus prolifiques d'Hollywood. Ensemble, ils ont produit une vingtaine de films, dont Poltergeist, Gremlins et sa suite, Les Goonies, L'Empire du soleil, La Couleur pourpre, la trilogie Retour vers le futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ou encore Arachnophobie. Kathleen Kennedy et Frank Marshall ont également produit plusieurs films de Steven Spielberg, dont Indiana Jones et le Temple maudit, Pour toujours et Hook ou la revanche du Capitaine Crochet.

Clin d'oeil à Steven Spielberg
Un petit clin d'oeil à Steven Spielberg, producteur exécutif de la saga Retour vers le futur, est présent lors d'une scène en 1955. Dans un plan, un cinéma propose à l'affiche les films A boy's life (titre de travail de E.T. l'extraterrestre ) et Watch the skies (titre original de Rencontres du 3e type).

Hommage à "La Machine à explorer le temps"
Le générique de début de Retour vers le futur (une succession de plans d'horloges et de montres) est un hommage appuyé à La Machine à explorer le temps (1960) de George Pal, qui débute de la même façon.

Un voyage dans le temps très lucratif
Produit pour 19 millions de dollars, Retour vers le futur sera un énorme succès. Le film rapporte 210 millions de dollars sur le sol américain et 140 millions de dollars au niveau international. Au final (hors exploitation vidéo), le film aura engrangé près de 350 millions de dollars, soit plus de dix-neuf fois son budget !

Oscars et récompenses
Retour vers le futur a été lauréat d'un Oscar en 1986, récompensant les effets sonores du film. Outre ses quatre nominations à la prestigieuses statuette (Meilleur scénario, Meilleur son, Meilleurs effets sonores et Meilleure chanson), le film sera cité aux BAFTA, aux Golden Globes et remportera trois Saturn Awards (les Oscars du fantastique), dont celui de Meilleur film fantastique.

Une saga devenue une attraction
Fort de son succès, la saga Retour vers le futur a été déclinée en attraction dans le parc des studios Universal, à Los Angeles. Créée en 1991 et intitulée Back to the future... The Ride, cette attraction emmène les visiteurs dans un voyage à travers diverses époques, à la poursuite de Biff Tannen. Christopher Lloyd (?Doc?) et Thomas F. Wilson (Biff) ont participé à l'aventure. Les décors de la saga, dont l'imposante horloge de l'hôtel de ville sont également ouverts aux visites au sein des studios.