Factotum
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Réalisateur
: Bent Hamer
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Genre : Drame Date : 23 Novembre 2005 Durée : 1 h 38 Origine : Allemand, Norvégien, Américain Distribution : ID Distribution D'après l'oeuvre de : Charles Bukowski
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Résumé | Note production | Acteurs | Scénario | Producteur | Site Officiel | Récompenses | Lieux | Budget |
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Matt Dillon : Henry Chinaski |
Directeur
Photo : John Christian
Rosenlund Musique : Kristin Asbjørnsen Décors : Sarah Kruchowski Chef décoration : Eve Cauley Costumes : Tere Duncan Montage : Pal Gengenbach Maquillage :
Sherry Heart : styliste coiffure Son :
Petter Fladeby : mixeur design / enregistrement |
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Production :
Bubul Film |
Producteur executif : Christina Kunewa Walker Assistant réalisation :
Jason Cooper Hall : second assistant |
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| Note production | Acteurs | Scénario | Producteur | Site Officiel | Récompenses | Lieux | Budget |
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Hank Chinaski (Matt Dillon) travaille comme manoeuvre dans des usines, des entrepôts ou des ateliers pour faire ce qu'il aime vraiment : boire, parier sur les chevaux, passer son temps avec des femmes et, par-dessus tout, écrire des histoires qui ne sont pas publiées. Régulièrement, il se fait renvoyer, puis il trouve un boulot ailleurs. Avec Jan (Lili Taylor), Chinaski partage une relation franche, plus
sexuelle que sentimentale. Il commence à gagner de l'argent aux
courses. Elle trouve que cela ne lui réussit guère. Elle
s'en va. Tiré du roman de Charles Bukowski, Factotum est l'histoire d'un homme libre qui vit résolument en marge, un écrivain prêt à prendre tous les risques pour que sa vie devienne sa poésie. |
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ENTRETIEN AVEC BENT HAMER Avez-vous immédiatement eu envie de faire un film en lisant Factotum ? Quand jai découvert Bukowski, je nétais pas
encore réalisateur. Je lisais beaucoup de romanciers américains
contemporains, je lai donc découvert parmi dautres
et je lui ai trouvé un ton particulier. Il avait sa voix à
lui. Il ne faisait pas partie des auteurs de la Beat Generation, il
était quelquun dà part, de singulier. Jétais
impressionné. Je le rapprochais de Walt Whitman ou de Mark Twain,
ces écrivains outsiders que jaime tout particulièrement.
Comme Jean Genêt, ou en Norvège Tom Kristensen et Knut
Hamsun, dont jai beaucoup appris. Jaime autant ses romans
que ses textes autobiographiques, mais je nai pas lu tout Bukowski,
je ne suis devenu ni un expert ni un disciple. Simplement, il est resté
un de mes auteurs préférés. Bien plus tard, quand
je présentais Eggs à Cannes, jai rencontré
le producteur américain Jim Stark, et nous avons tout de suite
sympathisé. Vous avez aussi collaboré avec Stark sur ladaptation. Jai repris le roman, jai rapidement déterminé une structure pour le film, et jai choisi les passages qui me plaisaient le plus. Mais javais besoin de travailler en collaboration, ne serait-ce que pour la langue. Je peux diriger des comédiens en anglais, mais pour écrire ou juger des dialogues, il me faut quelquun de confiance. Jim était déjà linitiateur du projet, cest donc venu tout naturellement. Le scénario a fait de nombreux aller et retour entre nous. Jim navait pas peur de la voix off, car après tout Chinaski est un écrivain, et ses mots à lui sont essentiels. Jai trouvé lidée très bonne. De mon côté, je trouvais les personnages et latmosphère particulièrement forts dans le livre, mais à lécran on peut facilement tomber dans le cliché. Je voulais rester fidèle à loriginal mais ouvrir le film le plus possible, le rendre humain et accessible, pour nen exclure personne. Chinaski pourrait donner le sentiment de vivre dans un monde clos. Comment en faire un personnage de cinéma qui intéresse tout un chacun ? Les gens peuvent mener une existence radicalement différente, vivre dans des conditions matérielles strictement opposées, leurs cultures peuvent sembler incompatibles, mais au fond ils restent des êtres humains, et il existe plus de liens entre eux quils ne le croient. Jai toujours pensé ça. Cest mon credo, en somme ! Dans la scène chez les parents de Chinaski, on peut deviner doù ce personnage vient, ce qui lui a été impossible, ce qui la marqué. Bukowski lui-même a beaucoup parlé de son père et de son enfance. Pour moi Chinaski nest pas du tout un être repoussant, je crois que le public peut tout à fait sidentifier à lui. Et puis Matt Dillon y est pour beaucoup. Pas du tout parce cest une vedette, au contraire. A lécran, dans ses roles dadolescent, il montrait déjà une vulnérabilité que son charisme ne masquait pas, au contraire, et quil na jamais perdue. Il a aussi un talent pour la comédie, lhumour, le décalage. Et avant tout, une présence devant la caméra qui est évidente, indiscutable. Comment avez-vous pensé à lui ? Aujourdhui je trouve que cest arrivé bizarrement.
Sean Penn devait jouer le rôle, cétait un choix somme
toute assez naturel, il était proche de Bukowski et très
enthousiaste. Le financement du film a un peu traîné, et
avec lemploi du temps de Sean, ça na jamais collé...
Fisher Stevens, qui joue Manny et qui est aussi producteur de films,
ma parlé de Matt Dillon : Pourquoi pas Matt ? Tu
devrais en parler à Matt, envoie donc le scénario à
Matt. On ny croyait pas trop. Et puis Dillon a très
vite répondu quil aimait beaucoup le projet. Visiblement,
il connaissait bien les livres de Bukowski. Au vu du résultat,
cest une coïncidence fantastique. Mais quest-ce qui
nest pas coïncidence ?... La nature du personnage de Chinaski fait quon y voit facilement la silhouette de son auteur. Mais je nen voulais pas, je voulais que Dillon trouve son personnage en lui-même. Je voulais aussi quil naie pas peur den faire le minimum. De ne rien faire même, parfois. Je lui ai demandé dêtre transparent, de faire confiance au premier degré du personnage et du film. Jai essayé de lui donner de la liberté, et il la saisie. Il habite le film avec autant de force que de naturel... Les attitudes et la gestuelle sont complètement les siennes.
Jaime beaucoup ce quil fait là. Sean Penn aurait
été très différent dans le rôle !
Jai un bon souvenir de Mickey Rourke dans Barfly, aussi. Même
si le personnage était assez noir, assez crado. Le film ne semble pas avoir été tourné en Californie, où la plupart de ses livres sont situés. Nous avons tourné dans le Minnesota, à Minneapolis et à Saint-Paul. Nous connaissions Christine Walker qui y avait produit American Splendor. Cétait une question de budget mais aussi dambiance. Le roman est paru en 1975 mais les histoires quil raconte remontent parfois à la deuxième guerre mondiale ou à la fin des années soixante. Lépoque nest pas clairement définie. Dans le Minnesota, on trouve plein de bars, pleins dendroits qui nont pas dâge, qui ne semblent pas marqués par une époque ou par une autre. Le Midwest s'est beaucoup industrialisé dans les années 50 et 60. Depuis, la modernisation est allée frapper ailleurs, et plus rien n'a changé. En parcourant le centre des villes nous trouvions très facilement tous les décors dont nous avions besoin. On a tourné le film en 24 jours, en utilisant le meilleur de tout ce qui croisait notre regard. Je suis très méticuleux au niveau de la préparation mais, pendant le tournage, si le type qui soccupe du café a une bonne idée, je la lui prends ! Cest aussi une région très marquée par limmigration dEurope du Nord. Était-ce un moyen pour vous de retrouver un terrain familier ? Ils ont tous des noms scandinaves là-bas, cest vrai ! Mais ça ne ressemble pas particulièrement à chez moi. Jaime beaucoup les Américains. Bien sûr, on leur attribue un côté un peu superficiel, et souvent nous ne mettons pas le même sens, les mêmes implications morales dans certains mots, mais les Américains mintéressent beaucoup. Ils sont toujours prêts à saisir leur chance, à tenter un nouveau départ. Ce sont de véritables optimistes. En discutant avec eux jai découvert que souvent ils ne se retrouvent plus dans lAmérique quon voit au cinéma. Le cinéma américain grand public ne filme plus leur Amérique, celle qui justement mintéresse. Hank Chinaski pourrait-il exister loin de lAmérique, être un héros européen ? Oui, pourquoi pas ? Beaucoup de gens vivent de petits boulots, ici aussi. Même sil y a une différence déchelle : ils sont 30 ou 40 millions aux États-Unis, alors quen Norvège la population totale est de 4 ou 5 millions. Par contre, je naurais pas situé Factotum en Europe, pour une question de langue. La langue de Bukowski, son ironie, sa précision, sa concision, je naurais jamais pu les utiliser traduites. Il dit : Quand je commence à douter de mon talent pour manier les mots, je nai quà lire un autre écrivain. Alors je sais que je nai pas de souci à me faire. Et vous, elle vous plaît, cette phrase ? Elle me fait rire, oui ! Moi, je suis beaucoup plus modeste ! Comme tout le monde, parfois je me trouve absolument génial et parfois je ne suis plus bon à rien. Alors, il faut reprendre courage. Mais cest le genre de phrase de Bukowski quon ne peut pas prendre à la lettre. Cétait un grand admirateur dautres écrivains. Et puis, cela veut dire aussi quil pouvait être en proie au doute. Vous commencez un nouveau projet ? Je prépare une expédition de cinq semaines en Antarctique. Cela fait très longtemps que jy pense. Ensuite je partirai trois semaines en bateau avec ma famille. Jétais marin, avant. Il a fallu faire des études, alors jai arrêté. Mais jai toujours voulu être marin. |