Réalisateur : Jonathan Mostow
Scénario :
- John D. Brancato
- Michael Ferris
- Tedi Sarafian
Producteurs :
- Mario Kassar
- Andrew G. Vajna
- Colin Wilson
- Joel B. Michaels
- Hal Lieberman
Directeur photo : Don Burgess
Décorateur : Jeff Mann
Musique : Marco Beltrami
Acteurs :
- Arnold Schwarzenegger : Le Terminator T-101
- Kristanna Loken : La T-X
- Nick Sthal : John Connor
- Claire Danes : Kate Brewster
- Mark Hicks : L'inspecteur Martinez
- David Andrews : Robert Brewster
- Mark Famiglietti : Scott Peterson
Effets Spéciaux : Stan Winston
Genre : Science Fiction, Action
Année : 2003
Durée : 1 h 49
Origine : Américain, Britanique, Allemand
Distribution : Columbia Pictures
Résumé :
Il y a maintenant douze ans, James Cameron achevait son diptyque en allant plus loin que la conclusion du premier tome, abandonnant ses personnages dans un monde enfin débarrassé de la menace des machines. C’était sans compter sur la capacité d’Hollywood à faire renaître n’importe quelle franchise de ses cendres. Probablement plus que tout autre projet, Terminator 3 partait sur de bien mauvaises bases. Cameron était en froid avec les producteurs Mario Kassar et Andy Vajna, et ne souhaitait aucunement perpétuer la saga avec eux, malgré les supplications répétées d’Arnold Schwarzenegger. Un autre réalisateur allait devoir succéder à l’auteur. Inutile de dire que les fans à travers le globe voyaient ça d’un mauvais œil. Comment cette suite apparemment vénale pourrait-elle s’avérer digne de l’œuvre personnelle de Cameron? Le choix des producteurs, après s’être intéressés à Ridley Scott, David Fincher, John McTiernan et Ang Lee (qui ont évidemment tous refusé), s’est porté sur Jonathan Mostow. Le réalisateur, certes classique mais efficace, n’était pas à proprement parler le choix le plus évident (surtout qu’il ne s’agit pas d’un auteur au même titre que les quelques personnes citées plus haut). La première surprise est de constater que Mostow ne souille pas du tout la saga. De plus, il fait appel au duo de scénaristes Brancato/Ferris pour remanier le script désolant de Tedi Sarafian (Tank Girl), et apporter ainsi un réel intérêt à ce nouvel épisode.
Pas un auteur, mais plus qu’un simple film maker
inintéressant, Mostow parvient à se réapproprier le film. Se
débarrassant des récurrences "cameroniennes", que ce soit dans
l’esthétique (abandon de la tonalité bleue, propre aux deux premiers
films) ou la thématique principale (la femme forte n’est plus), le
réalisateur opte pour une ambiance globalement pessimiste. Les
dominantes chromatiques s’orientent vers le rouge et le noir; entre le
feu et la nuit, Mostow amorce le chemin vers l’apocalypse. Déjà en
1984, Terminator
brillait par ses effets spéciaux, et la séquelle fut encore plus
révolutionnaire. Ici, Mostow a eu le bon sens de ne pas se laisser
aller à employer les toutes dernières avancées dans le domaine, et
garde un style finalement assez cohérent avec les deux précédents opus.
Le film est donc honorablement dépourvu de plans numériques trop
voyants. Le spectateur averti parviendra peut-être à déceler les
quelques images de synthèse, presque invisibles, insérées dans la
sublime poursuite en voiture de la première partie du film. Véritable
morceau de bravoure, cette scène d’action démesurée, où toutes sortes
de machines (voitures, camions, Terminators) servent
d’auto-tamponneuses, témoigne du talent purement fonctionnel du metteur
en scène. Par un montage irréprochable, il insuffle un rythme haletant
à ce spectacle démentiel. Néanmoins, outre cette séquence, Mostow peine
à dynamiser sa première heure, où l’absence de Cameron se fait
cruellement sentir. L’exposition s’avère longue et banale, et les
seules trouvailles sont des gags qui auraient pu trouver leur place
dans une parodie, tant le second degré est poussif. Pas réellement
gênant (et même parfois amusant), l’humour reste un tant soit peu
déplacé. Mais Terminator 3 est un film qui va en s’améliorant. En particulier grâce à une intrigue plus originale qu’on ne s’y attendait…
Autour de lui, figurent les autres personnages, moins intéressants, tel que celui de Claire Danes, mal écrit et mal interprété, et bien évidemment les deux Terminators. Si Arnold est égal à lui-même (les réminiscences de son meilleur rôle, les répliques jouissives...), le charisme du T-1000 fait légèrement défaut à cette nouvelle T-X. Mais elle s’avère néanmoins satisfaisante, en particulier lorsque les deux cyborgs se battent l’un contre l’autre, à grands coups de lavabos, ou se projetant violemment à travers les murs. Malgré quelques fautes finalement oubliables, on ne peut bouder son plaisir. Il faut aller outre l’absence de Cameron pour apprécier à sa juste valeur le travail de Mostow et de ses scénaristes. Ils ont su capter le potentiel tout en adaptant le sujet à leur guise. Si la courte durée du métrage traduit l’exploitation parfois insuffisante des personnages, elle n’handicape en rien l’un des meilleurs blockbusters de cet été. Au vu du final, un T4 n’est peut-être pas une idée des plus pertinentes, mais on ne peut s’empêcher d’en vouloir plus. Ayons confiance en Jonathan Mostow.